Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Elle a envoyé de l'argent à son fils parti à l'étranger : une Alsacienne jugée pour financement du terrorisme

mardi 5 septembre 2017 à 6:25 - Mis à jour le mardi 5 septembre 2017 à 7:25 Par Aurélie Locquet, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu

Elle explique avoir envoyé de l'argent à son fils en Algérie et en Malaisie pour qu'il commence une nouvelle vie. Mais il est mort plus tard en combattant en Syrie. Une Alsacienne comparaît ce mardi devant le tribunal correctionnel de Paris pour financement du terrorisme.

C'est le premier procès de ce type en France: une mère jugée pour avoir envoyé de l'argent à son fils djihadiste. (illustration)
C'est le premier procès de ce type en France: une mère jugée pour avoir envoyé de l'argent à son fils djihadiste. (illustration) © Maxppp -

Alsace, France

L'histoire de Nathalie Haddadi est de celles qu'on voit si souvent dans les dossiers de terrorisme. Un fils aîné, délinquant, qui multiplie les séjours en prison. Et s'y radicalise à la maison d'arrêt de Strasbourg selon notre consoeur de France Inter, Charlotte Piret. Mais cette mère de famille Alsacienne n'a jamais voulu financer les activités terroristes de son fils, explique-t-elle. Au contraire, elle a tenté de le remettre dans le droit chemin.

Un billet d'avion pour l'Algérie

Lorsqu'elle constate qu'Abbes s'est radicalisé, elle décide de l'envoyer en Algérie, chez son père, pour qu'il fasse sa vie là-bas. Parce qu'elle ne trouve pas le soutien qu'elle attend auprès des autorités françaises. Elle parle de la radicalisation de son fils aux fonctionnaires qui le suivent dans le cadre de son sursis après une sortie de prison. "Mais il n'y a pas eu de suivi, il n'y a rien eu." Après l'incarcération suivante, son fils sort complètement radicalisé. "Je sens qu'il n'y a plus rien à faire à mon niveau." Nathalie Haddadi paie alors un billet d'avion pour Alger à son fils. Pour qu'il aille habiter chez son père. Il y reste quelques mois avant de partir voyager. Envie de soleil, dit-il. Les dernières photos qu'il lui envoie dévoilent une plage paradisiaque de Malaisie, bob sur la tête et sourire aux lèvres.

Des mandats en Malaisie

C'est d'ailleurs depuis Kuala Lumpur qu'il lui réclame de l'argent : il s'est fait agresser explique-t-il, et se retrouve hospitalisé. En tout, plusieurs milliers d'euros seront envoyés à son nom, en Malaisie et en Algérie, par sa mère et par son frère. "Il avait des projets, il voulait ouvrir un fast food en Algérie, même son père le dit, il était normal."

Ces sommes sont aujourd'hui qualifiées de "financement de terrorisme" par le parquet de Paris. Car Abbes a ensuite rejoint la Syrie et les zones de combat. Après près d'un an sans nouvelles, sa mère reçoit un appel anonyme : son fils est mort, en kamikaze.

"On m'associe à des barbares" - Nathalie Haddadi

Aujourd'hui, Nathalie Haddadi dit avoir l'impression d'un acharnement, elle qui ne cautionne aucunement ces thèses djihadistes. "Je suis en colère parce que je ne comprends pas ce genre de procès." Elle souligne qu'elle n'avait pas du tout l'intention de financer les activités terroristes de son fils. "Je lui ai envoyé de l'argent quand il était à l'étranger pas en Syrie". Une fois là-bas Abbes a appelé sa mère "il m'a dit "maman je t'aime mais j'aime Dieu plus que toi". Ce procès pose surtout la question d'un changement de stratégie du parquet antiterroriste. S'il décide de poursuivre toutes les familles dans le même cas, la 16e chambre pourrait être amenée à en juger beaucoup d'autres. "Les parents de djihadistes sont condamnés, on m'associe à un groupe de terroristes... des barbares", regrette Nathalie Haddadi.

Nathalie Haddadi interrogée sur France Inter par Hélène Roussel