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Faits divers – Justice

Une amende avec sursis pour avoir dérobé le portrait d'Emmanuel Macron à Saint Jean de la Ruelle

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu

Les trois militants de l'association ANV Cop 21, qui avaient décroché le portrait d'Emmanuel Macron début mars à la mairie de Saint Jean de la Ruelle, ont été condamnés ce vendredi à Orléans à 200 euros d'amende avec sursis. Une peine minime, mais eux espéraient la relaxe.

Une centaine de personnes sont venues soutenir les 3 militants avant l'audience
Une centaine de personnes sont venues soutenir les 3 militants avant l'audience © Radio France - Patricia Pourrez

Orléans, France

A la sortie du tribunal d'Orléans,  les trois prévenus sont applaudis par quelques militants et membres de leurs familles. Le sentiment général, c'est l'amertume. La justice est passée, ils sont tous les trois reconnus coupables de vol en réunion. La peine est minime par rapport à ce qu'ils encouraient, mais ils ne sont pas relaxés comme ils l'espéraient. "Pour autant, on ne sent pas coupables" explique Vincent Lombard, l'un des prévenus. " Pour nous, les vrais coupables courent toujours à savoir ce gouvernement et Emmanuel Macron qui ne mettent pas en place des mesures ambitieuses pour le climat." 

Les 3 prévénus au centre avant leur entrée au tribunal - Radio France
Les 3 prévénus au centre avant leur entrée au tribunal © Radio France - Patricia Pourrez

L'état de nécessité plaidée par la défense 

A la barre du tribunal, les trois prévenus ont expliqué le pourquoi de leur action. " On a déjà fait des marches, des pétitions. Aujourd'hui, on sait que pour avoir un écho médiatique, il faut des actions nouvelles et symboliques" selon Samuel Chanonier, autre prévenu. Pour leurs avocates, " on est là dans un état de nécessité face à l'urgence climatique".

Pour appuyer la défense, 3 témoins sont venus à la barre : un climatologue parisien, un agriculteur bio du montargois et  Charles Fournier, vice président de la Région Centre Val de Loire, chargé de la transition écologique. Pour l'élu, " la sécheresse de cet été et le niveau de la Loire prouvent bien qu'il y a urgence climatique. "La désobéissance civile est parfois nécessaire", insiste Charles Fournier, "elle a permis dans l'Histoire de faire avancer des causes et des droits".

En quoi décrocher un portrait va sauver la planète ?

Face aux arguments des militants et de leur soutien, la procureure de la république ramène le débat sur le terrain de la justice. " Il y a bien eu une infraction, une atteinte à l'institution qui doit être sanctionnée". La magistrate dit respecter les combats, les opinions mais s'étonne quand même : "Je ne vois pas en quoi décrocher un portrait d'Emmanuel Macron va sauver la planète ? ".  Et elle ajoute, " on n'est pas là pour juger de l'action d'un gouvernement, mais pour dire le droit et la loi". Pour elle, il y a trouble à l'ordre public, atteinte à l'institution et préjudice. Elle avait réclamé des peines amende de 200 à 450 euros. Finalement, le tribunal a été plus clément : les 3 prévenus ont écopé d'une peine de 200 euros d'amende avec sursis. 

19 procès en cours à travers la France 

A ce jour, il y a déjà eu en France 5 procès pour "des décrocheurs de portraits" et 14 autres sont prévus. " On sent que c'est compliqué pour la justice." explique Rémi Donaint, porte parole national de l'ANV Cop 21. " Nous, on ne fait pas ça pour s'amuser, pour avoir notre tête dans les journaux. Seulement, la justice elle applique le droit même si celui ci devrait peut être évoluer.

Avant le début du procès, une centaine de militants sont venus soutenir les 3 prévenus avec un rassemblement en chansons devant les marches du palais de justice. Quant à la pièce à conviction, le fameux portrait d'Emmanuel Macron, elle est toujours dans la nature. " Nous le rendrons quand Emmanuel Macron commencera à agir concrètement pour le climat" expliquent les 3 prévénus. En tous cas, dans cette affaire, la mairie de Saint Jean de la Ruelle avait elle préféré ne pas se porter partie civile. 

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