Faits divers – Justice

Une assistante maternelle devant les Assises de la Sarthe

Par Noémie Bonnin, France Bleu Maine mardi 11 février 2014 à 18:51

Le procès de cette nounou doit durer deux jours.
Le procès de cette nounou doit durer deux jours. © Maxppp

La jeune femme est jugée pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Le bébé dont elle avait la garde est mort à l'hôpital du Mans après plusieurs mois de coma. Les experts ont diagnostiqué un syndrome du "bébé secoué".

Le procès qui s'ouvre ce mercredi devant la cour d'assises de la Sarthe doit permettre d'éclaircir le rôle joué par la nounou dans la mort d'un petit garçon de quelques mois.

Une nouvelle nounou

Nous sommes le 27 octobre 2009, c'est une nouvelle nounou qui garde les trois enfants de la famille : une aînée de 4 ans et deux jumeaux de 8 mois. Ce matin-là, les deux parents partent travailler et laissent leurs enfants à cette assistante maternelle. C'est une jeune femme de 23 ans, qui a déjà deux années d'expérience et qui est titulaire d'un CAP petite enfance. Pour autant, elle est toujours en période d'essai, depuis plusieurs jours, les parents avaient l'impression qu'elle n'avait pas de relation chaleureuse, pas d'affect pour les enfants. Dans le carnet de liaison, elle parle à plusieurs reprises de "colères ", d'un comportement "capricieux " de la part du petit Pierre, l'un des deux jumeaux .

"Tout va bien"

A l'heure du déjeuner, comme convenu, la nounou envoie un SMS à la maman. "Tout va bien " assure-t-elle. Sauf que ce n'est pas tout à fait le cas... Pierre a déjà vomi une première fois le matin. Le soir il perd même connaissance et c'est là que l'assistante maternelle appelle les pompiers, la voix angoissée. A leur arrivée, le bébé a du mal à respirer, il est placé sous assistance respiratoire et emmené à l’hôpital.

Un cas de bébé secoué

Assez rapidement, les experts comprennent que c'est un cas de "bébé secoué ". Dans un premier temps, les parents perdent la garde de leurs enfants, par précaution. Mais les soupçons se tournent vers la nounou. Ses explications ne sont pas claires, loin de là...et évoluent même au fil du temps. Mais le seul point commun à ces différentes justifications, c'est qu'elle nie tout acte de violence. Les experts sont pourtant formels, les blessures du bébé ne sont pas le résultat d'un accident, ou d'une chute, mais bien de gestes délibérés. L'enfant reste au total huit mois dans le coma, avant de mourir.

Une attente de vérité

Aujourd'hui la famille attend des explications. "Les parents veulent comprendre ce qu'il s'est passé " explique leur avocat, maître Alain Ifrah. "Ils sont allés aux portes de l'horreur. Maintenant on aimerait voir de l'humanité sortir de cette nounou. Un procès ce n'est pas une vengeance. Mais on veut que Pierre repose en paix, on veut le défendre jusqu'au bout. "

"On est là pour que Pierre puisse reposer en paix"

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