Faits divers – Justice

Une audience à Pau : le procès de deux bipolaires

Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn mardi 19 janvier 2016 à 18:43

La salle d'audience
La salle d'audience © Radio France - Daniel Corsand

A chaque audience, le tribunal correctionnel de Pau doit juger des personnes instables sur le plan psychiatrique. La justice doit faire avec les textes dont elle dispose. L'exemple de Jérémy et Olivier, condamnés ce mardi.

C'est une constante de la justice de ce XXIe siècle. Elle doit juger des fous délinquants. Des malades qui ne le sont pas assez pour être déclarés irresponsables, et qui accumulent de ce fait les mentions sur leurs casiers judiciaires, sans que la justice ne puisse résoudre le problème qu'ils posent à notre société. Ce mardi, parmi les 20 personnes qui ont comparu devant le tribunal correctionnel de Pau, en audience à juge unique, il y avait Jérémy et Olivier. Ils sont palois, ils ont 22 et 30 ans. Ils sont délinquants et bipolaires.

Jérémy le "gangster"

Jérémy se présente tout sourire dans le box. Il est rasé sur les côtés et il a regroupé ses cheveux sur le dessus de la tête. Une coupe de cheveux qui serait un mix entre Mulan et Zlatan Ibrahimovic, dont il doit être fan parce qu'il est habillé d'un survêtement du PSG. Jérémy, il est là pour menace de crime sur un dépositaire de l'autorité publique. Lors de sa précédente comparution, il a menacé un policier de l'escorte de lui couper la tête, parce qu'on lui a refusé de boire pendant l'audience. Ce jour là, il n'était pas sous traitement. Aujourd'hui il reconnait facilement les faits, mais il n'en a pas le moindre souvenir. Quand on est venu le chercher dans sa cellule pour le faire comparaître, on a dû lui expliquer pourquoi. 

A la barre il a été poli, souriant, et plutôt lucide. Il raconte qu'il a même refusé la faveur d'un bracelet électronique pour finir sa peine, parce qu'il se pense trop instable encore. Il a été reconnu coupable. Il a pris deux mois de plus. Avant de retourner en prison, il s'est expliqué et excusé pour sa tenue. Quand il a enlevé le haut de son survêtement du Paris-Saint-Germain, on a pu admirer un maillot du PSG avec dans le dos floqué le mot "gangster".

Olivier le toxicomane

Le deuxième, c'est Olivier. Il n'a pas le même bagout qu'Olivier à l'audience. Son traitement l'abrutit et il parle avec un débit lent et pâteux. Il comparait cette fois pour avoir détérioré un distributeur de billets à Pau après une soirée pathétique passée avec un ami. Ils ont passé la nuit à boire et à gober des cachets de Mercalm, un médicament contre le mal de mer et des transports. A grosse dose, ce médicament qui se vend sans ordonnance peut provoquer des hallucinations. Ils sont allés retirer de l'argent. Mais impossible de récupérer la carte. Alors ils se sont acharnés quatre heures, avec une paire de ciseaux pour tenter de récupérer la carte. Avant de réaliser le lendemain qu'elle était dans le portefeuille.

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