Faits divers – Justice

Une bande de braconniers jugés à Guéret

Par Valérie Mosnier, France Bleu Creuse et France Bleu jeudi 10 novembre 2016 à 17:20 Mis à jour le jeudi 10 novembre 2016 à 19:51

Deux cerfs ont été tués par les braconniers dans le secteur de Bourganeuf durant l'été 2013
Deux cerfs ont été tués par les braconniers dans le secteur de Bourganeuf durant l'été 2013 © Maxppp - Stephen Chung/LNP

C'est une affaire qui remonte à 2013 qui a été jugée ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Guéret. Un réseau de braconniers a été démantelé il y a trois ans, mais les protagonistes étaient absents de leur procès ce jeudi.Deux d'entre eux ont été condamnés à de la prison ferme.

A l'audience ce jeudi matin, quatre des cinq mis en cause manquaient à l'appel. Seul dans le box des accusés, un homme de 22 ans qui est incarcéré à Limoges pour d'autres faits. Il a assisté au braconnage lors d'une soirée au cours de l'été 2013, mais il n'y a pas participé directement. Le tribunal décide de le relaxer.

La présidente, Nathalie Courtois, rappelle ce qui est reproché aux quatre autres prévenus : des tirs de chevrotine en pleine nuit sur des animaux, en dehors de la période de chasse autorisée. La bande était à bord d'une voiture et se servait d'un projecteur pour éclairer les cibles. Ces équipées nocturnes se déroulaient sur fond d'alcool : le petit et le gros gibier, notamment des cerfs, étaient visés, mais également des chats. "Ils tiraient sur n'importe quoi", résume le procureur de la République de Guéret, Sébastien Farges. Les animaux blessés ne sont pas forcément retrouvés par les tireurs en pleine nuit, qui les laissent agonisants. A Saint Martin-Château, le 9 août 2013, le seul cerf recensé par l'ACCA a été retrouvé mort dans un champ, explique l'avocat de l'association, Me Xavier Touraille. De son côté, la Fédération des Chasseurs de la Creuse a recensé deux daims, deux chevreuils et un cerf tués.

Pire que des viandards - Me Muriel Nouguès, avocate de la Fédération des Chasseurs

Impossible d'entendre les versions des quatre personnes absentes. Difficile aussi pour l'avocat de la défense d'argumenter sans ses clients. L'un d'eux nie tout en bloc, mais il est récidiviste, il a déjà été condamné à de la prison avec sursis en 2010 pour des faits similaires, à l'époque son permis de chasse avait été annulé et il vient juste de le récupérer. Ce Creusois, âgé de 26 ans est considéré par l'avocate de la Fédération des Chasseurs comme le leader de la bande : ces hommes "chassaient pour tuer et alimenter un trafic de trophées de chasse. Pire que des viandards. Ils ne sont attirés que par le goût du sang et du profit. Ils portent atteinte à l'image de la chasse" rajoute Me Muriel Nouguès.

"La condamnation semble adaptée"' - Me Muriel Nouguès

Le Procureur de la République insiste dans ses réquisitions sur le contrôle très strict pour chasser le cerf, "un animal magnifique". Puis Sébastien Farges revient sur les faits : chasse en réunion en temps prohibé avec usage d'un véhicule et port d'arme : "c'est le plaisir d'abattre" sans parler de '"l'usine à viande et de l'attirail du parfait braconnier " que les enquêteurs ont retrouvé dans le garage du principal instigateur. Deux braconniers ont été condamnés à neuf et quatre mois de prison ferme. Les deux autres écopent de peines avec sursis. En revanche, tous les quatre ont interdiction de passer le permis de chasse pendant cinq ans, la limite autorisée par la loi. Le conducteur voit, lui, en plus, son permis de conduire suspendu. Des dommages et intérêts sont aussi demandés, allant jusqu'à 2.500 euros pour le principal responsable reconnu coupable d'avoir tué les daims et les chevreuils.

Du côté de la Fédération et des associations de chasseurs, on est satisfait de ce jugement : "cette équipe sévit dans le secteur de Bourganeuf depuis des années. Il est très difficile pour les gendarmes et les inspecteurs de l'Office National de la Chasse de les attraper parce qu'ils sont bien organisés" explique Me Muriel Nouguès. Les personnes condamnées ont dix jours pour faire appel, à partir du moment où le jugement leur aura été signifié.