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Une chaîne humaine silencieuse à Grasse pour Salomé et toutes les victimes de féminicides

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Par , France Bleu Azur

À la veille de la journée internationale des droits des femmes, 250 personnes ont formé une chaîne humaine ce samedi à Grasse (Alpes-Maritimes) pour dire non aux féminicides. Un rassemblement organisé par Muriel Dotta, la mère de Salomé, morte sous les coups de son petit-ami, à Cagnes-sur-Mer.

Muriel Dotta, la mère de Salomé battue à mort par son compagnon a organisé une chaîne humaine à Grasse (Alpes-Maritimes) pour dire "non aux féminicides"
Muriel Dotta, la mère de Salomé battue à mort par son compagnon a organisé une chaîne humaine à Grasse (Alpes-Maritimes) pour dire "non aux féminicides" © Radio France - Sonia Ghobri

Environ 250 personnes ont répondu à l'appel de Muriel Dotta, la mère de Salomé. Cette Grassoise de 21 ans est morte après avoir été rouée de coups par son compagnon à Cagne-sur-Mer, dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2019. La jeune femme est tristement connue pour être la centième victime de féminicide en 2019

Au total, 151 femmes ont été tuées l'an dernier par leur conjoint ou ex-conjoint, 16 depuis le début de l'année, selon un décompte du collectif féministe "Nous Toutes". 

"On veut que cette marche se fasse en silence pour entendre le cri de celles qu'on a fait taire." 

Les manifestants ont formé une chaîne humaine entre l'atelier Mû 27, où Muriel Dotta tient une galerie de poterie, et la sous-préfecture de Grasse. "On veut que cette marche se fasse en silence pour entendre le cri de celles qu'on a fait taire", explique Anne, une amie de Muriel Dotta. 

La mère de Salomé a tenu a rendre hommage à toutes les victimes de féminicides et de violences conjugales : "Je ne suis pas là pour parler de moi aujourd'hui, je mène un combat pour les violences faites aux femmes. Il faut informer, il faut les dénoncer. Il y a une prise de conscience mais il y a encore beaucoup de travail pour éradiquer ce fléau". 

"Nous honorons nos mortes, l'Etat doit protéger les vivantes."

"Nous honorons nos mortes, l'Etat doit protéger les vivantes", pouvait-on lire sur les banderoles. D'autres ont accroché à leurs manteaux une feuille blanche, sur laquelle il était inscrit les prénoms des victimes de féminicides depuis 2019 : Salomé, Justine, Clothilde, Chantal, Sarah, Bernadatte, Mélissa, Stéphanie .... "Je peux vous dire que l'on ressent une étrange sensation lorsqu'on les écrit", souligne Muriel Dotta. 

Bernadette, Mélissa, Stéphanie, les prénoms de trois femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint
Bernadette, Mélissa, Stéphanie, les prénoms de trois femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint © Radio France - Sonia Ghobri

Anisse, une amie de Salomé, est encore très émue. "Ça me brise le cœur ...  Encore à notre époque, des femmes se font battre jusqu'à en mourir. Et ça peut arriver à tout le monde. Salomé était une femme forte, elle ne se laissait pas faire." Son amie Magdalena est partagée entre tristesse et colère. "Je ne comprends pas que l'on soit encore obligé de mener ce type d'action pour dire que les violences faites aux femmes, les féminicides sont inacceptables"

"En cours, on parle de sexualité, de la citoyenneté mais jamais des violences faites aux femmes."

Sa mère a été victime de violences conjugales. "Heureusement, elle a quitté mon beau-père. Je ne sais pas ce qui aurait pu arriver sinon... Une de mes amies au lycée s'est fait aussi violenter par un garçon. Elle s'est défendue mais cela prouve bien qu'il y a encore du travail". Cette lycéenne regrette le problème des violences faites aux femmes ne soit pas abordé en classe. "En cours, on parle de sexualité, de la citoyenneté mais jamais de ça".  

"Nous avons besoin aussi des hommes pour faire changer les choses. Ce n'est pas seulement le combat des femmes."

Les hommes, nombreux pour former cette chaîne humaine, ont été applaudis. "C'est chouette! sourit la mère de Salomé. Nous avons besoin d'hommes féministes. Nous avons aussi besoin de vous les hommes pour faire changer les choses. Ce n'est pas seulement le combat des femmes"

Charles 27 ans, tenait à être présent. Sa petite-sœur connaissait Salomé mais ce n'est pas la seule raison. "C'est très important de soutenir la cause des femmes, de repenser la place de l'homme dans la société. Et ça m'a choqué qu'on se fasse applaudir parce qu'on était là."

Un rassemblement a été organisé à Grasse ce samedi pour dénoncer les féminicides
Un rassemblement a été organisé à Grasse ce samedi pour dénoncer les féminicides © Radio France - Sonia Ghobri

Thierry, un instituteur à la retraite, est inquiet pour la place de la femme dans la société. "Je suis né en 1952, j'ai été imprégné des valeurs de Mai-68 et je trouve qu'il y a une régression. Il ne faut rien lâcher. L'Etat en premier doit faire bouger les lignes. Et ce n'est pas uniquement le rôle du ministère chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes. Les ministères de la culture, de l'éducation, de l'économie ... doivent aussi agir. C'est comme un puzzle pour construire une action gouvernementale"

"Je répète à mes enfants qu'aimer ce n'est pas frapper, ce n'est pas humilier. On ne peut pas forcer une femme à nous aimer."

Le combat de tous, et dès le plus jeune âge. Inday est venue avec ses quatre enfants, deux filles et deux garçons. "Il faut plus d'éducation. Je répète à mes enfants qu'aimer ce n'est pas frapper, ce n'est pas humilier. On ne peut pas forcer une femme à nous aimer".

250 manifestants sont venus dénoncer les violences faites aux femmes, ce samedi matin à Grasse (Alpes-Maritimes)
250 manifestants sont venus dénoncer les violences faites aux femmes, ce samedi matin à Grasse (Alpes-Maritimes) © Radio France - Sonia Ghobri
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