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Faits divers – Justice

Une cheffe d'entreprise comparait devant le tribunal correctionnel pour avoir diffamé Pôle Emploi

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Par , France Bleu Azur, France Bleu

Karine Vasseur, consultante en ressources humaines et cheffe d'entreprise, est poursuivie en diffamation par Pôle Emploi après avoir distribué des tracts à Nice posant cette question : "Pôle Emploi ne vous aide pas ? Confiez votre recherche à un spécialiste". Elle était jugée ce mercredi à Nice.

Karine Vasseur, cheffe d'entreprise jugée pour diffamation envers Pôle Emploi par le tribunal correctionnel de Nice  et son avocate Catherine Taylor Salusse
Karine Vasseur, cheffe d'entreprise jugée pour diffamation envers Pôle Emploi par le tribunal correctionnel de Nice et son avocate Catherine Taylor Salusse © Radio France - Marion Chantreau

Nice, France

Karine Vasseur, Parisienne de 53 ans, consultante en ressources humaines et gérante d'une société qui accompagne les personnes en recherche d'emploi, a comparu ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Nice. Elle est poursuivie par Pôle Emploi pour avoir imprimé et distribué des tracts portant ce message : "Pôle Emploi ne vous aide pas ? Confiez votre recherche à un spécialiste". Des tracts distribués un après-midi à Nice près d'une agence Pôle Emploi, sur les pare-brises de véhicules. C'était en 2016. Le jugement a été mis en délibéré, il sera rendu le 5 juin. 

"Je ne cherchais pas à nuire à Pôle Emploi."

Pôle emploi a déposé plainte pour diffamation envers une administration publique. Karine Vasseur a été entendue par un juge d'instruction et mise en examen. En attendant le procès, elle a mis son entreprise en sommeil

À la barre, mercredi, Karine Vasseur a assuré qu'elle "ne cherchait pas à nuire à Pôle Emploi.  Je ne critique pas les compétences des agents ni les moyens mis en œuvre, je ciblais simplement les chômeurs insatisfaits de l'accompagnement proposé par Pôle emploi." Elle a expliqué qu'à Nice, le taux de satisfaction affiché sur le site Internet de Pôle emploi est de 65 %, ce qui démontre bien qu'il y a des personnes ayant besoin de plus d'accompagnement, selon elle. 

Karine Vasseur, cheffe d'entreprise

L'avocate de Pôle Emploi juge ces tracts "presque insultants" pour les agents 

La présidente du tribunal souligne qu'avec ces 300 tracts, la prévenue "jette quand même le discrédit sur cette administration publique". L'avocate de Pôle Emploi regrette que Karine Vasseur ait ensuite voulu "médiatiser l'affaire à outrance", sollicitant l'approbation du public dans un post Facebook, leur demandant si son tract était choquant ou non. "Elle a suggéré l'inaction, la défaillance de Pôle Emploi, dénigré ainsi le travail des agents, c'est presque insultant." 

L'avocate de la défense monte au créneau : "Ils sont si fragiles, les agents de Pôle Emploi, pour se sentir lésés par un tel tract ? On a encore le droit en France de s'interroger, de critiquer une institution publique." Pour elle, les tracts ne portent pas atteinte à l'honneur des agents Pôle Emploi. "Quand le directeur de Pôle Emploi a interdit la distribution des tracts, l'employée de la société a cessé immédiatement, après une demi-heure de tractage, mais pour qui se prend-il ? Il s'est senti investi de pouvoirs de police ? " Elle souligne "que la cour des comptes dans un rapport, mais aussi des blogs, des livres-enquêtes, des agents de Pôle Emploi, eux-mêmes, ont reconnu qu'ils n'arrivaient pas à aider correctement les chômeurs. "

L'avocate de Karine Vasseur, Catherine Taylor Salusse

Le parquet n'a pas pris de réquisitions et s'en est remis à la sagesse du tribunal. Partie civile, Pôle Emploi réclame un euro symbolique de dommages et intérêts pour préjudice moral et 3.600 euros de frais de justice.