Faits divers – Justice

Une "entreprise familiale" de proxénétisme jugée à Grasse

Par Lauriane Delanoë, France Bleu Azur lundi 16 février 2015 à 6:30

Le tribunal correctionnel de Grasse
Le tribunal correctionnel de Grasse © Radio France - Lauriane Delanoë

Seize personnes comparaissent ce lundi, et pendant cinq jours, devant le tribunal correctionnel de Grasse pour proxénétisme aggravé et blanchiment de proxénétisme. A la tête de ce réseau, un homme d'une cinquantaine d'années et ses deux fils. De 2008 à 2013, ils auraient fait travailler une trentaine de prostituées sur la Côte d'Azur, à Fréjus et Mandelieu.

Les dirigeants, les recruteurs, un agent immobilier, un photographe, etc. C'est tout un réseau qui comparait pour cinq jours, de lundi à vendredi, devant le tribunal correctionnel de Grasse. Les 16 prévenus encourent jusqu'à 10 ans de prison ferme pour proxénétisme aggravé et blanchiment . Ils sont soupçonnés d'avoir fait venir des jeunes femmes du nord de la France et de Belgique pour qu'elles se prostituent sur la Côte d'Azur. Le réseau a été démantelé en 2013.

A sa tête, un père de famille d'une cinquantaine d'années et ses deux fils . Le trio, originaire du Nord-Pas-de-Calais aurait mis en place cette structure en 2008. Chacun avait un rôle bien précis, comme dans une "entreprise familiale ", estime Philippe Toccanier, le procureur en charge de ce dossier.

Procès Proxénétisme SON

Huit clients par jour pour payer les proxénètes

Une trentaine de jeunes femmes se sont retrouvées prises dans leur filet. Elles se prostituaient dans des appartements de Mandelieu (Alpes-Maritimes), et Fréjus (Var). Ce lundi au procès, certaines raconteront leur calvaire. Elles devaient verser entre 270 et 350 euros par jour à leurs proxénètes présumés , même lorsqu'elles ne travaillaient pas. Pour atteindre cette somme, les prostituées devaient enchaîner au minimum huit clients chaque jour. Rien que pour payer ce loyer et les "kits de prostitutions" mis à leur disposition.

Procès Proxénétisme ENRO

Les trois dirigeants, eux, se déclaraient sans emploi. Ils vivaient du RSA, dans une somptueuse villa dans Var . C'est de là qu'un des fils se chargeait du recrutement des jeunes femmes. L'autre, des sites internet et petites annonces pour attirer les clients. Au cours de l'enquête, en 2013, 64.000 euros en liquide avaient été saisis , avec cinq voitures rutilantes et une arme de poing.