Faits divers – Justice

Une ex-candidate FN condamnée à 3.000 euros avec sursis pour avoir comparé Christiane Taubira à un singe

Par Marina Cabiten, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu mercredi 28 septembre 2016 à 15:27

Anne-Sophie Leclère
Anne-Sophie Leclère © AFP - FRANCOIS NASCIMBENI

Anne-Sophie Leclère, ancienne candidate du Front national aux municipales dans les Ardennes, a été condamnée mercredi à 3.000 euros d'amende avec sursis pour injure raciale, après avoir comparé l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira à un singe.

Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé mercredi une peine "symbolique", a estimé l'avocat d'Anne-Sophie Leclère. Cette ancienne candidate du Front national aux municipales dans les Ardennes écope de 3.000 euros d'amende avec sursis, alors que le parquet avait requis deux mois de prison avec sursis. Elle est condamnée pour injure raciale, après avoir comparé Christiane Taubira à un singe sur Facebook.

Elle "ignorait que la caméra tournait"

En 2013, un reportage de l'émission "Envoyé spécial" sur France 2 montrait la candidate qui s'efforçait de monter une liste pour les élections municipales de 2014. Questionnée alors sur un photomontage publié sur sa page Facebook et qui montrait d'un côté un petit singe et de l'autre la garde des Sceaux de l'époque, avec les légendes "à 18 mois" et "maintenant", Mme Leclère avait notamment répété, "c'est une sauvage", et déclaré: "A la limite, je préfère la voir dans un arbre (...) que de la voir au gouvernement." Elle avait ensuite été exclue du parti d'extrême droite. Le tribunal l'a déclarée coupable du délit d'injure publique pour le photomontage, mais l'a relaxée pour le commentaire. Elle avait expliqué à l'audience qu'elle ignorait que la caméra tournait.

Troisième procès

Il s'agissait du troisième procès d'Anne-Sophie Leclère, le premier où elle était présente. En juillet 2014, le tribunal correctionnel de Cayenne (Guyane), ancienne terre d'élection de Mme Taubira, l'a condamnée à neuf mois de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité. Condamnation annulée le 22 juin par la cour d'appel, qui a jugé "irrecevable" l'action menée par l'association Walwari (un mouvement cofondé par l'ancienne garde des Sceaux début 1993). Mais, parallèlement à cette procédure initiée en Guyane par Walwari, le parquet de Paris, qui n'avait pas été averti par Christiane Taubira de l'existence de cette procédure à Cayenne, avait ouvert une enquête, qui a donné lieu à ce procès devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

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