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Faits divers – Justice

Une fausse victime des attentats condamnée à trois ans et demi de prison à Créteil

mardi 12 mars 2019 à 21:59 Par Valentin Dunate, France Bleu Paris et France Bleu

Jean-Luc B, 29 ans qui était à Nancy le soir du 13 Novembre 2015 a été reconnu coupable d'avoir escroqué 77.000 euros au Fonds de garantie des victimes de terrorisme. "J'étais pris dans un engrenage", a-t-il répété plusieurs fois ce mardi devant le tribunal correctionnel de Créteil.

Cérémonie des 2 ans des attentats. 13.11.17 devant le Bataclan
Cérémonie des 2 ans des attentats. 13.11.17 devant le Bataclan © Maxppp - IAN LANGSDON/EFE/Newscom/

Créteil, France

Le tribunal correctionnel de Créteil a condamné Jean-Luc B, 29 ans à une peine de trois ans et demi de prison dont six mois avec sursis pour avoir escroqué plus de 77.000 euros au Fonds de garantie des victimes de terrorisme. Le tribunal a assorti la condamnation d’une mise à l’épreuve de deux ans comprenant une obligation de soins,  l’indemnisation des parties civiles et a ordonné le maintien en  détention du prévenu. Pendant plus de deux ans, il a fait croire à ses proches et aux membres des associations de victimes qu'il assistait au concert ce soir du 13 Novembre au Bataclan avec un couple d'ami. Les enquêteurs ont découvert qu'il était à Nancy et qu'il ne connaissait pas ce couple, Anne et Pierre-Yves, réellement décédé dans l'attentat. Renaud, le frère d'Anne avec qui Jean-Luc B est entré en contact est venu témoigner à la barre : "Je me sentais proche de lui par ce qu'il disait avoir vécu. Jean-Luc B m'a donc contacté en me disant qu'il s'en voulait d'être le seul rescapé des trois". A un membre de l'association Life For Paris, il a même déclaré avoir "perçu de la peur dans le regard d'Anne quand elle était prise pour cible", de quoi mettre Renaud hors de lui. Au micro de France Bleu Paris, il précise qu'"en arriver à inventer ce genre de détail macabre, c'est ignoble".   

C'est un mythomane, pas un escroc" - Avocate de Jean-Luc B 

Derrière les vitres de son box, Jean-Luc B s'est d'abord excusé avant d'expliquer avoir été "pris dans un engrenage". Une explication qui a eu du mal à convaincre les parties civiles voyant plutôt l’appât du gain comme motivation. La juge a d'ailleurs rappelé que cet engrenage a duré deux ans. Jean-Luc B a porté plainte rapidement, en janvier 2016, en fournissant un faux billet du concert qu'il est allé chercher dans le dark web, puis il s'est rendu dans plusieurs associations notamment pour obtenir des indemnisations et pendant tout ce temps, il a menti à ses proches et aux victimes des attentats. Pour la Procureure de la République qui a requis une peine d'emprisonnement de trois ans "le mensonge est au cœur de la vie de cet homme". Son avocate l'a reconnu, "c'est un mythomane pas un escroc" qui avait "besoin d'attention". Il l'a d'ailleurs dit à la barre, "ce que je voulais, c'est de l'amour et de la reconnaissance".   

Deuxième affaire de fausse victime à Créteil 

Depuis les attentats de 2015 , au moins 17 personnes ont été condamnées dans ce genre d’affaire. La peine la plus lourde a été infligée il y a un an par ce même tribunal correctionnel de Créteil : 4 ans et demi de prison ferme pour une femme de 49 ans, qui était en récidive, reconnue coupable d’escroquerie, d'abus de confiance et de faux.