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Faits divers – Justice

Une femme de 80 ans décède sur un camp de migrants à Reims

mardi 8 janvier 2019 à 19:17 Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu

Ce mardi, une femme de 80 ans a été découverte sans vie dans le camp installé depuis plusieurs mois non loin du canal à Reims. D'origine serbe, elle était arrivée fin novembre et avait des problèmes cardiaques. Un rassemblement pour lui rendre hommage a eu lieu devant la sous-préfecture de Reims.

Djamila avait 80 ans. Elle était arrivée à Reims fin novembre
Djamila avait 80 ans. Elle était arrivée à Reims fin novembre © Radio France - Aurélie Jacquand

Reims, France

C'est sous un abri de fortune, installé avec d'autres rue Henri Paris, au bord d'un terrain de football, que le corps de Djamila a été découvert ce mardi matin. Âgée de 80 ans, cette femme d'origine serbe avait été hospitalisée il y a quelques jours pour une bronchite. "Personne n'est en pleine forme à 80 ans ! Mais elle est ressortie de l'hôpital avec une ordonnance d'antibiotiques et elle est retournée dormir sous sa tente !" s'insurge Amandine, membre du collectif d'aide aux migrants de Reims.

Malgré ses problèmes de santé connus, aucun hébergement d'urgence n'avait été proposé à l'octogénaire. "Quand un demandeur d'asile se présente, il y a toujours un entretien de vulnérabilité, or là, _sa vulnérabilité était établie par son âge_", renchérit Ibtissam Boucharra, accompagnatrice juridique du collectif Reims Exil Solidarité.

L'octogénaire dormait depuis six semaines sous une tente avec sa famille - Radio France
L'octogénaire dormait depuis six semaines sous une tente avec sa famille © Radio France - Aurélie Jacquand

Une requête déposée la veille de son décès

Djamila était arrivée en France avec son fils, sa belle-fille et ses quatre petits-enfants le 27 novembre. Elle avait demandé l'asile un peu moins d'un mois plus tard, le 17 décembre. Mais surtout, la veille de son décès, une requête en référé-liberté avait été déposée au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne pour obliger l'Etat à lui trouver un logement décent. Une audience devait avoir lieu jeudi.

En sa mémoire et en soutien à sa famille, une quarantaine de personnes s'est rassemblée ce mardi devant la sous-préfecture de Reims. Des personnes tristes, amères, mais surtout en colère : "J'ai de la colère que la France ne fasse pas mieux que ça pour les accueillir", dit Eva, qui tient une photo de l'octogénaire dans les mains alors que d'autres allument des bougies.

En hommage, des bougies et des photos ont été accrochées à la porte de la sous-préfecture de Reims - Radio France
En hommage, des bougies et des photos ont été accrochées à la porte de la sous-préfecture de Reims © Radio France - Aurélie Jacquand

"Si au moins sa mort pouvait servir à quelque chose"

Quant à Fabien Tarrit, un autre membre du collectif d'aide aux migrants, il espère : "Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le drame risque de se répéter, à moins que des choses soient faites. Si au moins sa mort pouvait débloquer quelque chose et que les personnes en détresse soient systématiquement logées...".

Quant à la famille de Djamila, elle aurait, selon le collectif, été prise en charge en urgence par le 115.