Faits divers – Justice

Une femme peut-elle épouser le fils de son ex-mari ?

France Bleu Lorraine Nord jeudi 12 juin 2014 à 14:53

Elisabeth Lorentz et Eric Holder comptaient se marier le 27 juillet 2013.
Elisabeth Lorentz et Eric Holder comptaient se marier le 27 juillet 2013. © Radio France

Une habitante de Dabo, à l'est de la Moselle, souhaite épouser le fils de son ex-mari. Mais ce cas de figure est interdit par la loi. L'affaire était devant la justice ce jeudi matin au tribunal de grande instance de Metz. La décision a été mise en délibérée. Elle sera rendue le 26 juin prochain. La cérémonie de mariage avait été annulée l'an dernier. Les fiancés espèrent obtenir gain de cause.

Une audience assez inhabituelle ce jeudi matin, au tribunal de grande instance de Metz. Elisabeth Lorentz et Eric Holder espèrent que le juge les autorisera enfin à se marier, un an après la date fixée. La justice a mis sa décision en délibéré. Le jugement sera rendu le 26 juin prochain. Il y a un an, le procureur de Metz s'était opposé à ce mariage au motif qu'Elisabeth a été marié dans le passé au père d'Eric. Mais ils n'ont pas de lien du sang, Elisabeth n'a même pas élevé Eric. Il était majeur au moment où elle a épousé son père. Pour passer outre la décision du procureur, les fiancés se sont résolus à porter l'affaire en justice.

"Aller devant le tribunal pour pouvoir se marier, ça me dépasse"

Etre une vraie famille, comme des milliers d'autres, c'est ce que souhaitent les deux plaignants. Un peu fébrile, c'est main dans la main, qu'ils sont arrivés ce jeudi au tribunal de Metz. "Pour moi, aller au tribunal, c'est quand on a fait quelque chose de mal. Ca me dépasse de devoir aller en justice pour pouvoir nous marier" , explique Elisabeth.Chose étonnante, si Elisabeth avait été pacsée avec le père d'Eric, elle n'aurait aucune demande à faire devant le tribunal. Leur avocat parle d'atteinte à un droit fondamental : celui de se marier. "Il est temps, dit maître Erhahrdt, que la loi française qui date du code Napoléon, se mette au diapason des pratiques, mais aussi du droit européen. La Cour européenne des droits de l'homme a déjà examiné des cas similaires : en 2005, elle validé le mariage en Angleterre, d'un beau-père et de son ex belle-fille. En tout cas, l'ex-mari d'Elisabeth ne s'est jamais opposé au mariage de son fils avec son ex-femme."