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Faits divers - Justice

Une handicapée porte plainte contre le maire d'Hérépian pour vivre dans un logement décent et adapté

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Par , France Bleu Hérault, France Bleu

Le maire d'Hérépian outrepasserait-il ses droits et ignore-t-il la détresse d'une personne invalide ? Un couple se bat pour dénoncer une suspicion de favoritisme dans l'attribution d'un logement social. Cette handicapée à 80% s'est vue refuser un logement adapté au profit de connaissances de l'élu.

Faute de mieux, Lydie a installé sa chambre dans son salon
Faute de mieux, Lydie a installé sa chambre dans son salon © Radio France - Stéfane Pocher

Hérépian, France

Y a-t-il eu du favoritisme dans l'attribution de logements sociaux à Hérépian ? Voilà une affaire bien embarrassante pour Jean-Luc Lafaurie, le maire de cette commune de 1.500 habitants située au nord de Béziers (entre Bédarieux et Lamalou-les-Bains). Une suspicion de favoritisme est mise en avant par une habitante. 

Cette handicapée moteur (à 80 %) réclame depuis deux ans un logement social adapté au bailleur social Hérault Habitat. Cette femme de 53 ans vient de saisir une avocate Biterroise pour dénoncer ce qu'elle appelle du favoritisme. 

Lydie vit depuis quatre ans avec son compagnon dans cette maison d'un étage, à la sortie de la commune (65 m² appartenant au bailleur FDI Habitat). Un loyer de 500 euros mensuel. Les chambres et la salle de bain sont au premier. Ce qui est peut pratique. Son compagnon, gilet jaune, lui a installé un lit dans le salon vu ses difficultés pour monter les escaliers. Une douche a été bricolée dans le garage (non isolé) pour lui permettre d'avoir un minimum de toilette, mais elle doit se passer d'eau chaude et de chauffage.

"Le maire outrepasse ses droits. Il ignore la détresse d'une personne invalide".

Cette habitante victime d'un grave accident de la route en 2013 demande à bénéficier d'un logement adapté de préférence de plain-pied. Mais ses deux sollicitations à Hérault Habitat sont restées vaines. Les logements ont été attribués à un employé communal d'Hérépian, et une femme enceinte (fille d’un autre salarié de la ville).

"Je vis dans ma salle à manger" dit Lydie

Lydie se déplace en fauteuil roulant ou difficilement avec ses béquilles

Le maire d'Hérépian Jean-Luc Lafaurie  (élu en 2014 et candidat à sa propre succession) dément les accusations portées.  Cet ancien chef d'entreprise explique que l’attribution des logements est effectuée par une commission (à laquelle il participe) et en fonction de critères bien précis.  Hérault Habitat est un office HLM, indépendant financé par des fonds publics notamment par le Conseil départemental de l'Hérault.

"Nous avons accueilli ce couple à bras ouverts, du mieux qu'on pouvait. Il faudrait peut être leur rafraîchir la mémoire" dit le maire

"Le maire n'est pas décideur. Les choses sont claires. J'y participe. Après, la commission attribue un logement en fonction de critères très précis. Il n'y a pas de passe-droit. Je ne vois pas pourquoi je bloquerai leur dossier. D'abord, je n'en ai pas le pouvoir". 

Comment alors expliquer que cette même commission d'Hérault Habitat n’ait pas tenu compte du handicap de cette dernière ?

"Le maire, il faut être bien avec lui. Et faire partie de ses connaissances proches".

Une douche a été bricolée dans le garage par son mari Christophe (Hérépian) - Radio France
Une douche a été bricolée dans le garage par son mari Christophe (Hérépian) © Radio France - Stéfane Pocher

Avec nos faibles moyens nous avons installé cette douche dans le garage pour permettre à ma femme d'avoir un minimum de toilette. C'est malheureux d'en arriver-là.

"On serait mieux dans une caravane"

La loi sur le droit au logement opposable (Dalo) impose à l'État de trouver un logement social à toute personne qui n'est pas en mesure de se loger par ses propres moyens. Elle concerne aussi les personnes handicapées. La personne doit aussi avoir fait de réelles démarches pour trouver une solution, par exemple avoir régulièrement renouvelé une demande de logement social (ce qui est le cas) ou engagé des démarches auprès du propriétaire du logement indécent. 

Si, malgré cela, elle n'obtient toujours pas satisfaction, elle peut alors enclencher une procédure amiable en préfecture pour être reconnue comme demandeur "prioritaire" de logement ou d'hébergement. Une commission de médiation peut alors trancher dans trois directions : répondre favorablement, rejeter la requête, ou la réorienter (par exemple transformer la demande de logement en demande d'hébergement). 

Le couple essaie d'alerter la population. Récemment, Lydie et Christophe ont distribué des tracts dans les boites à lettre des habitants. Ils expliquent leur situation. "Le maire outre-passe ses droits" écrivent-ils. "Il ignore la détresse d'une personne invalide". Le chapitre 1 laisse penser une future riposte.

Hérault Habitat confirme pour sa part que le favoritisme dénoncé est impossible. "Un maire ne peut pas choisir ses locataires" explique Vivian Rodriguez, le directeur de la communication. A la question, une femme enceinte est-elle prioritaire par rapport à une handicapée, Hérault Habitat botte en touche

On est dans le logement social, nous faisons un travail sociologique pour l'attribution. Ce n'est pas aussi simple. On ne fait pas du travail à la chaîne. 

Vivian Rodriguez, le directeur de la communication à Hérault Habitat

Tract laissé chez les habitants d'Hérépian (Hérault) par Lydie et son mari - Radio France
Tract laissé chez les habitants d'Hérépian (Hérault) par Lydie et son mari © Radio France - Stéfane Pocher

Lydie a écrit au préfet de l’Hérault et au ministre du logement. N’ayant reçu aucun retour et malgré ses multiples tentatives d’un accord à l’amiable cette quinquagénaire a décidé d’aller en justice. La loi du 6 juillet 1989 stipule qu'un bailleur doit impérativement remettre à son locataire les clés d'un logement décent, c'est-à-dire ne comportant pas de risques pour sa sécurité, qu'il s'agisse de son intégrité physique ou de sa santé, et comportant un minimum d'éléments de confort pour une habitation paisible.

Lydie redescend difficilement du premier étage ou elle allait prendre sa douche pendant un temps (Hérépian) - Aucun(e)
Lydie redescend difficilement du premier étage ou elle allait prendre sa douche pendant un temps (Hérépian) - Christophe, son mari
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