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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Une hausse de 200% de l'utilisation des LBD et des grenades de désencerclement en 2018 selon l'IGPN

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Par , France Bleu

L'utilisation de lanceurs de balles de défense (LBD) et de grenades de désencerclement par les policiers a augmenté de 200% en 2018 selon l'Inspection générale de la police nationale. Cette hausse est concentrée sur les mois de novembre et décembre, coïncidant avec le mouvement des "gilets jaunes".

Des policiers équipés de LBD lors de l'acte 23 des gilets jaunes à Paris.
Des policiers équipés de LBD lors de l'acte 23 des gilets jaunes à Paris. © AFP - Amaury Cornu

L'inspection générale de la police nationale a annoncé ce jeudi que les policiers avaient augmenté de 200 % leur utilisation des LBD et des grenades de désencerclement. Cette hausse correspond à l'apparition du mouvement des "gilets jaunes" avec une utilisation accrue lors des mois de novembre et décembre. 

Selon le rapport de l'IGPN, les policiers ont utilisé 19.071 munitions de LBD et 5.420 munitions de grenades de désencerclement, soit une hausse respective de 203% et 296%.

Le Défenseur des droits voulait la suspension des LBD

Le 17 janvier 2017, Jacques Toubon, Défenseur des droits, avait demandé la suspension de l'usage des LBD. Il estime que ces armes font courir un risque disproportionné aux manifestants pouvant les blesser grièvement voire les tuer. Le patron de la police, Eric Morvan, avait répondu en demandant aux forces de l'ordre de ne viser que "le torse où les membres supérieurs ou inférieurs".

Selon le collectif "Désarmons-les", 24 personnes ont perdu l'usage d'un œil à cause d'un tir de LBD ou d'une grenade de désencerclement, tandis que 5 ont perdu une main à cause de  grenades GLI F4. 

Pour répondre aux polémiques, Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, avait demandé aux policiers équipés de lanceurs de balles de défense de porter des caméras-piétons fin janvier. Elles devaient êtres activées en "situation normale mais pas en cas d'agressions", avait alors expliqué le ministre.

Des collectifs citoyens contre les violences policières

Récemment, des collectifs se sont organisés pour demander l'interdiction de ces "armes".  À Châteauroux, une pétition à récolté 1.300 signatures en moins d'un mois et a été rendue à la mairie de la ville par la France Insoumise. Le maire, Gil Avérous, avait alors expliqué ne pas vouloir interdire les LBD dans la ville suite à plusieurs demandes de la part des policiers municipaux. Il a toutefois dit que son utilisation ne se ferait que lors de rassemblements "hostiles pouvant devenir violents". 

À Paris, une "marche des mutilés" s'est tenue le dimanche 2 juin et a réuni plus de 200 personnes sur la place de la Bastille. 

Selon le ministère de l'Intérieur, depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", 2.448 manifestants ont été blessés entre le 17 novembre 2018 et le 13 mai dernier. Il dénombre également les blessures de 1.797 policiers. Selon le procureur de Paris, 171 enquêtes ont été confiées à l'inspection générale de la police nationale (IGPN) et trois à l'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN).