Faits divers – Justice DOSSIER : Attentat de Nice

Une information judiciaire ouverte sur les conditions de sécurité le soir de l'attentat de Nice

Par Violaine Ill, France Bleu Azur et France Bleu mercredi 5 avril 2017 à 13:41

En souvenir des victimes de l'attentat du 14 juillet.
En souvenir des victimes de l'attentat du 14 juillet. © Maxppp -

Une information judiciaire sur les éventuelles failles de sécurité le soir de l'attentat du 14 juillet à Nice a été ouverte. Deux magistrats instructeurs ont été nommés. Le procureur avait pourtant conclu au classement sans suite de l'enquête préliminaire.

Deux juges d'instructions ont été nommés à Nice après deux plaintes de familles de victimes qui s'interrogent sur les conditions de sécurité mises en place le soir de l'attentat du 14 juillet à Nice. L'une des plaintes a été déposée par le père du petit Yanis, un enfant de 4 ans décédé le soir de l'attentat.

"Le procureur, quand il a lui même classé cette affaire (le 19 janvier 2017), n'a pas d'appréciation à avoir sur la contestation qui est faite de sa décision. C'est tout à fait légitime". Jean Michel Prêtre, procureur de la République de Nice

"... Il doit vérifier que les faits sont constitutifs d'une infraction pénale, c'est bien sûr le cas, car j'avais moi même pris la décision de lancer une enquête il y a quelques mois dans cette affaire".

Il faut permettre aux familles de prendre connaissance du dossier

"J'ai considéré qu'il était nécessaire de laisser le temps à toutes les parties plaignantes de prendre connaissance du dossier et d'apprécier les choses".

"J'avais requis plusieurs magistrats car je pense que l'affaire le justifie et le président du tribunal de Nice a décidé de désigner deux magistrats instructeurs." Le procureur de la République rappelle qu'il n'avait pas conclu à des infractions pénales, à propos de sa décision de classement sans suite de l'enquête préliminaire sur les conditions de sécurité.

La responsabilité pénale

"Il faut bien comprendre que mettre en cause la responsabilité pénale de quelqu'un, c'est grave insiste le procureur de Nice.

"Les peines encourues sont de cinq ans d'emprisonnement, ce n'est pas anodin... la loi prévoit qu'il faut prouver une certaine gravité dans les fautes ou négligences commises... sur les faits concernant l'organisation de la Prom Party : la gravité serait l'intention la volonté, de quelqu'un qui est responsable, conscient qu'il y a un danger, mais qui déciderait de n'en rien faire... il peut y avoir d’autres responsabilités involontaires mais ce ne serait pas du pénal."

Polémiques sur la sécurité

L'enquête devrait porter sur l'évaluation des mesures de sécurité, sur l'organisation de la Prom Party qui accompagnait ces festivités du 14 juillet sur la Promenade des anglais. De nombreuses polémiques avaient éclaté dès le lendemain sur d'éventuelles failles de sécurité par les services de l'Etat et de la Ville de Nice et sur la présence du nombre de policiers nationaux, municipaux et militaires ce soir là.

L' une des plaintes avait été déposée par les parents de Yanis 4 ans tué dans l'attentat. L'avocat maître Ouzrou dénonce des dysfonctionnements sur les mesures de sécurité sur le Promenade des anglais : sur le nombre insuffisant selon lui de policiers présents ce soir là, l'absence de plots pour empêcher l'entrée de véhicule ou encore sur le fait que durant les quatre minutes de l'attaque : pourquoi le public n'a pas été immédiatement informé d'un incident en cours par des hauts parleurs?

Dépaysement du dossier ?

Un dossier qui est aussi dans l'attente d'un jour à l'autre d'une décision de la Cour D'appel d'Aix en Provence sur une demande de dépaysement de l'instruction. Il appartiendra ensuite à la Cour de Cassation de nommer éventuellement une autre juridiction qui poursuivra l'instruction ouverte à Nice.

L'attentat de Nice le 14 juillet 2016 a fait 86 morts et près de 400 blessés.