Faits divers – Justice

Les parents postent des photos de leur fille sur Facebook, elle les poursuit en justice

Par Marina Cabiten, France Bleu jeudi 15 septembre 2016 à 11:33

Mettre des photos de ses enfants sur Facebook est encadré par la loi
Mettre des photos de ses enfants sur Facebook est encadré par la loi © Maxppp - Frédéric Cirou

Une Autrichienne de 18 ans intente un procès à ses parents, car elle se sent humiliée par les très nombreuses photos que ces derniers ont mis en ligne sur le réseau social Facebook. Son avocat a rendu l'affaire publique mercredi.

Si vous avez un compte Facebook vous ne pouvez échapper aux photos d'enfants qui inondent ce réseau social, et les autres. Mais partager ainsi la vie quotidienne de sa progéniture n'est pas sans conséquence, comme le montre cet exemple en Autriche : une jeune fille de 18 ans a décidé de poursuivre ses parents en justice, après leur refus de retirer des images d'elles mises en ligne sur Facebook. Mercredi dans un journal autrichien, son avocat a parlé de quelques 500 clichés publiés en sept ans.

"Ils ne connaissent ni la honte ni les limites"

La jeune femme reproche à ses parents d'avoir partagé des photos qui la montrent dans des situations qu'elle juge embarrassantes, voire humiliantes. "Ils ne connaissent ni la honte ni les limites, et s’en fichent si c’est une photo de moi assise aux toilettes ou nue dans mon berceau. Toute ma vie a été photographiée et rendue publique." regrette la plaignante.

Si elle va jusqu'au procès qui doit se dérouler en novembre, c'est parce que son père et sa mère refusent de retirer les photos qui la gênent. Le journal autrichien qui relaie cette affaire fait référence à la France, dont les lois en la matière sont plus strictes qu'en Autriche. "Les autorités françaises ont averti les parents sur le partage de photos de leurs enfants sur Facebook, expliquant que ces images peuvent attirer les prédateurs sexuels, et que les enfants pourraient faire face à des problèmes sociaux et psychologiques plus tard si des clichés intimes et embarrassants sont partagés avec un large public" rappelle le quotidien.

La gendarmerie française avait mené une campagne d'information à ce sujet en mars dernier.