Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Procès du double meurtre d'Elise et Julien à Rouen : une journée lourde en émotion aux assises de Seine-Maritime

Journée chargée d'émotion aux assises de Seine-Maritime. Les familles d'Elise et Julien, morts étranglés en décembre 2015, ont témoigné à la barre, évoquant deux jeunes gens joyeux et pleins de vie. L'accusé dit ne se souvenir de rien la nuit du drame. Les experts ne croient pas à cette amnésie.

Moment extrêmement émouvant lorsque les familles d'Elise et Julien sont venues témoigner à la barre.
Moment extrêmement émouvant lorsque les familles d'Elise et Julien sont venues témoigner à la barre. © Radio France - Anne Bertrand

Rouen, France

Le procès de l'accusé du double meurtre d'Elise et Julien se poursuit aux assises de Seine-Maritime avec, ce jeudi 4 avril 2019, le témoignage des familles des deux victimes. L'accusé, Jean-Claude Nsengumukiza dit n'avoir aucun souvenir de cette nuit du 20 décembre 2015. Il a passé la soirée dans un bar de Rouen, rive gauche, et il affirme avoir beaucoup bu. Pourtant, au cours de l'instruction, il a dit avoir pris seulement deux bières. Et ce soir là, le gérant du bar ne l'a pas vu quitter son établissement ivre. 

En garde à vue, il a dit aussi avoir dormi dans une laverie. A l'audience, il avoue que c'était un mensonge. L'accusé reconnaît également que c'est lui sur les images de vidéosurveillance la nuit à l'arrêt de bus auprès d'Elise et Julien, puis le dimanche après-midi sortant de l'immeuble.  

Mais Jean-Claude Nsengumukiza n'avoue rien de plus. "Je suis navré, j'aimerais vous dire la vérité. Si je savais, je vous donnerais tous les détails. Mais je n'ai pas de souvenirs". Le président de la cour d'assises le somme une nouvelle fois de s'expliquer. "Je vous crois, répond l'accusé, c'est mon ADN. Je demande pardon aux familles. Je mérite une longue peine"

Vous mentez en permanence! - l'avocat général exaspéré par l'attitude de l'accusé

"Pardon refusé!", s'exclame Me Dominique Lemiegre, l'avocat de la famille d'Elise. Me Yves Mahiu, qui défend la famille de Julien, renchérit: "Vous insultez les familles de victimes!". L'avocat général reproche, lui, à l'accusé de mentir en permanence. 

Interrogé à la barre, l'expert psychologue Jean-Luc Viaux, qui a rencontré Jean-Claude Nsengumukiza à deux reprises, ne croit pas non plus à cette amnésie. Pour lui, c'est un être manipulateur et pervers. "Il ne veut pas qu'on sache qui il est". Le Rwandais de 38 ans est tellement flou quand on l'interroge sur son passé que l'expert en vient à se demander ce qu'il a fait, adolescent, pendant le génocide

Vient ensuite le moment le plus émouvant de la journée. D'abord, des photos de Julien et Elise de leur vivant sont montrées sur les écrans. Julien, en petit garçon souriant. Elise, en jeune femme épanouie. Puis, les familles se succèdent à la barre. 

Il aimait la vie, c'était une belle personne - la maman de Julien

La maman de Julien témoigne la première. Son fils était infirmier au CHU de Rouen, il est mort le jour de son anniversaire. "Il aimait la vie, dit-elle en pleurant, c'était une belle personne.". "Je veux que ce monstre soit puni, il est impardonnable", ajoute-t-elle en se tournant vers l'accusé. "Ça a bousillé notre vie à tous", ajoute son mari.  

Le papa d'Elise s'adresse aux jurés: "Faites en sorte que cet individu ne ressorte jamais de prison". La maman témoigne de la gentillesse et la joie de vivre de sa fille. "J'aime imaginer Elise faire la folle au Paradis avec Julien". Mais elle dit aussi: "Le plus dur, c'est de savoir tout ce qu'elle a subi. Pour une mère, c'est insupportable." 

Les cadeaux de Noël d'Elise à sa famille donnés par la police judiciaire

La sœur d'Elise est la dernière à témoigner. Et elle n'hésite pas à demander dans cette salle d'assises comment croire en la justice française après tant d'erreurs qui ont conduit à la mort des deux jeunes gens. Le double meurtre a eu lieu juste avant Noël. "Ses cadeaux, poursuit la sœur d'Elise, c'est la police judiciaire qui nous les a donnés quelques mois plus tard." 

Des jurés ont les yeux rougis. L'accusé écoute, les mains jointes devant son visage. Le verdict est attendu ce vendredi.