Faits divers – Justice

Elle écrit une lettre pour dire merci aux pompiers 38 ans après son accident

Par Philippe Paupert et Jérémy Marillier, France Bleu Isère, France Bleu Vaucluse et France Bleu mercredi 28 décembre 2016 à 18:57

Françoise Caillol à la clinique de Tullins en 1978
Françoise Caillol à la clinique de Tullins en 1978 - Françoise Caillol

Une femme de Mazan (Vaucluse) vient de remercier les pompiers qui lui ont sauvé la vie il y a 38 ans. L'accident avait eu lieu en 1978 prés de Tullins (Isère), et c'est en 2016 que le conflit des pompiers à Carpentras a réveillé le souvenir de ces remerciements oubliés.

Une habitante de Mazan en Vaucluse vient d'écrire aux pompiers de Tullins (Isére) pour les remercier de leur intervention, 38 ans après un grave accident. Françoise Caillol avait été sérieusement blessée dans une collision entre une moto et une voiture dans la montée du col de Parménie, le samedi 2 septembre 1978. C'est à l'occasion du mouvement de grève des pompiers de Vaucluse qu'elle a réalisé qu'elle n'avait jamais dit merci aux pompiers qui lui ont sauvé la vie.

"Après le choc, c'était l'amnésie. Mes parents auraient dû remercier les pompiers pour moi". Françoise Caillol, sauvée en 1978

Françoise Caillol a écrit aux pompiers de Tullins 38 ans après son accident

Passagère de la moto d'un ami, Françoise Caillol avait été projetée dans le ravin au dessus de Tullins (Isère) lorsqu'une voiture avait percuté la moto. Fractures ouvertes, quadriceps arraché, la jeune femme mettra plusieurs mois à remarcher. Elle explique qu’après le choc, "c'était l'amnésie. C'était à mes parents ou ma sœur de remercier les pompiers".

L'accidentée devient sauveteur... et se souvient des pompiers à Carpentras

38 ans après l'accident qui a failli lui coûter la vie, Françoise Caillol croise en 2016 à Carpentras (Vaucluse) une manifestation des pompiers en grève. Les pompiers réclament des moyens supplémentaires et leur engagement réveille les souvenirs de Françoise Caillol. À 60 ans, elle réalise qu'elle n'a jamais remercié les pompiers.

François Caillol rédige donc une lettre pour les pompiers volontaires du centre de secours de Tullins. Elle les remercie et leur confie "brièvement ce qu'elle a fait de sa vie". Les pompiers à la retraite découvrent cette "lettre rare, car d'habitude les gens écrivent dans les mois qui suivent l'accident". Le sergent Christian Pellegrinelli, sergent volontaire à Tullins en 1978, explique qu'il va préparer "une lettre de réponse à ce gentil courrier".

Monitrice de ski de fond puis maître nageur sauveteur, Françoise Caillol a caché l'énorme cicatrice de sa jambe gauche au bord des bassins des piscines pendant vingt ans. Elle a passé ses diplômes de secouriste, car "l'accident a été un déclic". Françoise Caillol confie qu'elle a sauvé la vie d'un enfant turc qui se noyait dans un bassin: "l'enfant n'a pas dit merci car il ne parlait pas français. Pour moi, ce n'est pas grave. mais dire merci aux pompiers, c'est important".

Françoise Caillol est devenue sauveteur après son accident