Faits divers – Justice

Une liste d'élèves stimagtisés : l'école des Frères Chappe de Saint-Étienne choquée

Par France Bleu Saint-Étienne Loire, France Bleu Saint-Étienne Loire mercredi 7 septembre 2016 à 11:47

L'école primaire des Frères Chappe.
L'école primaire des Frères Chappe. © Radio France - Angy Louatah

L'école des Frères Chappe de Saint-Étienne est sous le choc, après la stigmatisation d'élèves dont les noms se sont retrouvés sur Twitter. Deux plaintes ont déjà été déposées.

Des adeptes de la théorie du “grand remplacement” ont relayé sur Twitter une liste d’élèves de l'école des Frères Chappe de Saint-Étienne, avec leurs noms et prénoms, la plupart à consonance maghrébine. On pouvait aussi y voir le nom et la photo de l'enseignante en charge de cette classe. Cette publication a provoqué une succession de commentaires xénophobes et nauséabonds.

L'enseignante est allée porter plainte ainsi que la directrice au nom de l'école. D'autres devaient suivre émanant de plusieurs familles d'après l'inspectrice de la circonscription qui s'est rendue sur place ce mardi pour informer les parents qui n'étaient pas au courant et dénoncer cette publication. L'Inspection d'académie en a eu vent par une "personne extérieure au département" et qui avait remarqué des commentaires "orduriers" accompagnant ce tweet.

De son côté, la Ligue Contre le Racisme et l'Antisémitisme (Licra), envisage également de se constituer partie civile.

On se souvient que Robert Ménard s'était planté à Béziers. Ici, c'est encore une affaire qui tombe sous le coup de la loi car en France, on ne fait pas de statistique ethnique. (Alain Blum, président de la Licra en Rhône-Alpes)

Indignation chez les parents

Mercredi midi, à la sortie de l’établissement, tous les parents n'avaient pas encore entendu parlé de cette affaire. La plupart d'entre eux sont indignés et ne comprennent pas comment ce type "d'attaques" peuvent être portées sur des enfants. Le choix le plus logique selon de nombreux parents, est de ne pas trop en parler pour éviter de "polluer l'esprit des enfants". Sandrine résume à elle seule le choc que cette histoire représente pour ces familles :

Mon fils est moitié Maghrébin, moitié Français, mais ils sont tous Français ! Pourquoi cette polémique ? C'est à cause de tout ce qu'il se passe en France, mais eux n'y connaissent rien à tout cela ! C'est grave de s'en prendre à des enfants.

À la sortie de l'école : "Choqués et scandalisés"

Pour l'heure, l’établissement ne préfère pas prendre le temps d'expliquer la situation aux enfants. En revanche, des rappels concernant les dangers des réseaux sociaux devraient être programmés dans les semaines qui viennent.

"Un acte abject" selon l'académie, "anecdotique" selon le Front National

L'inspectrice d'académie du secteur, Maryline Cervéra, s'est rendue sur place dès hier mardi. Elle dénonce la diffusion de cette liste :

"C'est un acte abject. On a fait d'une liste d'enfants un objet pour mettre en place des choses qui sont honteuses" (Maryline Cervéra)

L'inspectrice d'académie s'est rendue sur place

Elle précise que cette liste était affichée au sein de l'école. Mais il faut aussi gérer l'évènement auprès des parents et des enfants : . "Il faut plutôt éviter de parler de cela, sauf si un enfant pose la question. Il faut rappeler ce que c'est la République, ce que sont les valeurs de l'école. On va plutôt mettre en avant du positif que d'engendrer des peurs qui à cet âge là ne seraient pas nécessaires".

La secrétaire départementale du Front National, Sophie Robert, considère que cette affaire est "anecdotique".

Ce qui m'étonne, ce sont les dépôts de plainte de la directrice et l’institutrice. Moi je ne vais pas porter plainte chaque fois que ma fille se fait traiter de sale blanche. Je ne comprends pas que l'on s'attarde sur ce cas particulier, pour moi c'est anecdotique. (Sophie Robert, secrétaire départementale du Front National)