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Faits divers – Justice

Une mère condamnée à 20 ans de prison pour avoir tenté de tuer son fils à Montpellier

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Hérault, France Bleu

Une mère, bipolaire, a été condamnée jeudi soir à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir tenté de tuer son fils en décembre 2015 à Montpellier. L'altération de son discernement a été retenue par les jurés de la Cour d'assises de l'Hérault. L'avocat général avait requis 22 ans.

La mère est condamnée à 20 ans pour tentative d'infanticide
La mère est condamnée à 20 ans pour tentative d'infanticide © Radio France - Salah Hamdaoui

Montpellier, France

20 ans de réclusion criminelle. À l'énoncé du verdict, Lilas Belkaïd s'est mis une main sur la bouche pour étouffer ses sanglots. Jeudi soir, la Cour d'assises de l'Hérault l'a reconnue coupable d'avoir tenté de tuer son fils en décembre 2015 à Montpellier. Quatre jours après Noël, pendant la nuit, elle s'est saisie d'un chevron et a frappé son garçon de 9 ans plusieurs fois à la tête pendant qu'il dormait. Ensuite, elle a tenté de se suicider avec une fourchette à viande. Âgée de 36 ans, Lilas Belkaïd est bipolaire et ce soir-là, elle avait beaucoup bu, pris de la drogue et ingurgité une grande quantité de médicaments. Elle a toujours expliqué que ce "cocktail" l'avait mise dans un état tel qu'elle ne se rendait pas compte de ce qu'elle faisait.

Suicide altruiste ou meurtre égoïste?

Dans son réquisitoire, l'avocat général qui avait demandé 22 ans, a entraîné les jurés avec lui dans le monde de l'horreur : "Est-ce qu'on peut imaginer un instant ce qui se passe dans l'esprit de cet enfant, la sidération, sa terreur lorsqu’il voit sa mère le frapper avec un gourdin? Pourquoi elle continue? Il la regarde et il lui dit maman tu me fais mal. Pourquoi elle ne s'arrête pas? Elle frappe jusqu'à ce qu'il ne bouge plus".

Une mère, ça fait pas ça. Une mère, ça accompagne, ça câline, ça console"- Jean-Christophe Tixier, avocat général

De plus, selon Jean-Christophe Tixier, Lilas Belkaïd s'est mise délibérément en condition "avec l'idée que cela lui permettrait d'avoir le courage de passer à l'acte". Elle avait conscience et elle avait connaissance des effets délétères de cette consommation excessive de toxiques. Donc pas d'altération de son discernement, "sa responsabilité est intégrale".

Du haut de ma vie, je me dis qu'une mère capable de faire ça n'est pas une mère. Du haut de ma vie, je me dis qu'elle peut brûler pour l’éternité en enfer, je ne verserai pas une larme. Mais ce n'est du haut de notre vie qu'on juge. La vie de Lilas Belkaïd, c'est celle d'en bas"- Me Corbier, en défense

Reste le mobile. L'accusation n'a jamais cru une seule seconde à la théorie du suicide altruiste selon laquelle la mère, en pleine crise, s'est dit que la mort était plus enviable que la vie, que ça valait aussi pour son fils, alors elle a voulu l'emmener avec elle. Le tuer et se suicider ensuite. "Qui peut croire sérieusement qu'on peut se suicider avec une fourchette à viande?" L'explication de l'avocat général est beaucoup plus terre-à-terre : le père voulait la garde alternée, elle non. "Ce n'est pas un suicide altruiste, c'est un meurtre égoïste".

"Vous cherchez à rationaliser ce qui ne l'est pas" lui a répondu un des avocats de la défense. Lilas Belkaïd souffre d'un trouble psychiatrique et tous les experts l'ont dit a rappelé Me Mickaël Corbier. Alors que Me Chantal Corbier posait une question : "Pourquoi aurait-elle voulu tuer l'enfant qu'elle aimait, qu'elle chérissait, qui était la prunelle de ses yeux, si ce n'est qu'elle était prise dans un délire incompréhensible pour nous?" Tous les deux le savaient, la mère serait condamnée et sa peine serait lourde mais ils ont imploré les jurés "de prendre en considération que c'est une maman malade qui a agi".

Obligation de se soigner pendant 7 ans

Avant que les jurés se retirent pour délibérer Lilas Belkaïd leur a adressé une dernier message : "J'espère que vous ne douterez pas de la sincérité de l'amour que je porte à mon fils." Environ quatre heures plus tard, ils ont retenu l'altération de son discernement et donc ont reconnu sa maladie. Sa peine prévoit une obligation de soins pendant 7 ans et le retrait total de son autorité parentale.

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