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Faits divers – Justice

Une mère jugée pour avoir tenté de tuer son fils à Montpellier : la thèse du suicide altruiste

mercredi 10 avril 2019 à 21:20 Par Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault et France Bleu

Au troisième jour du procès d'une mère accusée de tentative d'infanticide, des experts psychiatres sont passés à la barre de la Cour d'assises de l'Hérault. Après avoir frappé son fils à la tête avec un bâton, elle a voulu se suicider. Les médecins ont évoqué la thèse du suicide altruiste.

Le verdict sera rendu ce jeudi par les jurés de la cour d'assises de l'Hérault
Le verdict sera rendu ce jeudi par les jurés de la cour d'assises de l'Hérault © Radio France - Salah Hamdaoui

Montpellier, France

Lilas Belkaïd, 36 ans, est jugée par la Cour d'assises de l'Hérault pour avoir donné plusieurs coups, avec un chevron, sur la tête de son fils de 9 ans pendant qu'il dormait. Bipolaire, elle avait beaucoup bu, pris de la drogue et ingurgité des médicaments. Les faits remontent à décembre 2015, quatre jours après Noël, à Montpellier. Depuis le début de son procès, lundi, la mère de Stéphane* explique que dans un moment de crise, elle a voulu emmener son enfant avec elle avant de se suicider, avec une fourchette à viande. Selon les experts psychiatres qui sont passés à la barre hier, il s'agit-là d'un suicide altruiste.

La mort comme une délivrance

Dans 58% des cas d'infanticides selon eux, c'est un suicide altruiste, et à chaque fois, on retrouve une pathologie indique le Dr Aiguesvives. Chez Lilas Belkaïd, c'est la bipolarité. Une maladie de l'humeur, mal traitée, qui pouvait la faire passer d'un "épisode d'excitation à un épisode de mélancolie". La mélancolie au sens, "le bout du bout de la dépression" précise le Dr Passerieux. L'avenir apparaît complètement bouché.  C'est dans cet état-là que la mère peut porter atteinte à la vie de son enfant, avant de se suicider. "La mort est comme une délivrance." En fait, même si c'est une idée fausse et folle, elle pense qu'il est impossible qu'il soit heureux sans elle. "C'est vrai que le terme fait un peu mal aux oreilles -suicide altruiste- surtout lorsqu'il s'agit d'enfant mais de toute façon, il n'y a pas d'autre hypothèse possible pour expliquer le geste" affirme Me Mickaël Corbier, l'avocat de la défense.

Si c'est un suicide altruiste, il est atypique

L'accusation, par la voix de Jean-Christophe Tixier, n'est pas du tout convaincue par cette théorie. Pas plus que par les 58% avancés par les expert. Et quand bien même, généralement dans les cas de suicide altruiste, la mère peut donner un cachet à son enfant pour qu'il dorme et ne se rende compte de rien. Elle le tue sans violence, en ouvrant le gaz par exemple. Tout le contraire de ce qui s'est passé pour le petit Stéphane. 

Il y des tentative de meurtres ordinaires. Ce qui vient peser ici, c'est que vous êtes sa mère et que la victime présente des séquelles lourdes et durables"- Charles Pinarel, président de la Cour

Le président de la Cour, Charles Pinarel, cherche à comprendre et pose directement la question à Lilas Belkaïd :

- Comment peut-on aimer quelqu'un et être capable de le tuer? C'est ça qui me gêne. 

- Il n'y a aucune logique.

- Vos précédentes tentatives de suicide n'ont pas donné lieu à des violences sur cet enfant alors pourquoi cette fois-là? Qu'est-ce qui a déclenché votre passage à l'acte?

- Je ne sais pas du tout.

Le verdict sera rendu ce jeudi.

*Le prénom a été changé