Faits divers – Justice

Une mère se met hors-la-loi pour protéger sa fille

Par Cyrille Manière, France Bleu Roussillon vendredi 25 avril 2014 à 15:46

Le comité de soutien de la petite Lili et sa mère

Le combat d'une mère qui ne veut pas qu'on lui enlève sa fille. Hélène vit en Cerdagne avec sa petite Lili (23 mois) née en Afrique du Sud. Aujourd'hui, la justice lui ordonne de renvoyer l'enfant en Afrique du sud auprès de son père qui vit dans la brousse. La mère s'est mise hors la loi en cachant sa fille.

La Cerdagne se mobilise ! Hélène est vétérinaire à Odeillo et vit avec sa fille - Lili - de 23 mois. Cette petite fille est née en mai 2012, en Afrique du Sud. Hélène a rencontré le père dans l'hémisphère sud à la fin de ses études. Lorsqu'elle a accouché, elle explique avoir été violentée par ce père qui gère une réserve à la frontière du Mozambique . Elle a réussi à quitter légalement le territoire avec Lili en novembre 2012, mais elle devait rendre l'enfant trois mois plus tard, ce qu'elle n'a pas fait. Depuis, une demande de divorce est en cours, mais ne sera pas traitée avant avril 2015.

Hélène ne veut pas retourner auprès de sa belle-famille par peur de représailles : "Face à ce clan dont les valeurs humaines destructrices sont à l'opposé du respect de la vie en général et des femmes en particulier (...) Hélène est menacée dès l'instant qu'elle poserait un pied sur le sol sud-africain ", précise son comité de soutien créé en Cerdagne.

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Lili est à l'étranger et ne peut pas être rendue à son père !

Depuis son retour en France, Hélène a pourtant des contacts avec le père. Il est venu plusieurs fois voir sa fille en France, ils organisent des discussions via internet (skype) et elle lui envoie des photos par mail chaque semaine. Ce qu'elle ne veut pas, c'est que sa fille retourne vivre au milieu de la brousse, coupée du monde. Une première décision de justice a donné raison à la mère, mais la deuxième (en appel) a ordonné formellement et sans recours possible, un retour immédiat de l'enfant en Afrique du Sud.

Le comble pour Hélène, c'est qu'elle conserve le droit de garde de Lili, mais uniquement en Afrique du Sud ! Si elle part vivre en Afrique du Sud, non seulement elle craint pour sa vie mais aussi, précise le grand-père de la petite Lili : "Notre fille pourra être expulsée, s'il ne lui arrive rien avant, au bout de trois mois, durée de validité de son visa, elle ne pourra pas travailler en Afrique du Sud, son diplôme européen n'étant reconnu qu'après un long processus de validation, non garanti. Elle n’aurait de fait aucun moyen de subsistance pour élever Lili ."

"Lili ne pourrait pas communiquer ni être sociabilisée. Elle serait coupée de sa mère et ne verrait même pas son père". Hélène, la mère de Lili

Ce vendredi, Hélène, catalane d'origine, devait rendre l'enfant à la gendarmerie et se séparer d'elle. Un comité de soutien s'est réuni, mais les dernières nouvelles judiciaires ne lui ont laissé aucun espoir. Hélène a donc choisi de se mettre dans l'illégalité la plus totale "par amour de sa fille ". Avant que la gendarmerie ne vienne retirer l'enfant "elle l'a placée elle-même en sécurité, à l'étranger, au risque de faire de la prison pour non présentation d'enfant ", explique son comité de soutien . La jeune vétérinaire s'attend à être placée en garde à vue.

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Pour rien au monde, elle ne veut que sa fille retourne vivre en Afrique Du Sud, pays où elle n'a passé que les huit premiers mois de sa vie. Selon Hélène, la mère, Lili aurait des conditions de vie indignes : "Elle subira déjà une séparation brutale, Lili parle désormais très bien le français, là bas elle n'aura plus de moyens de communication avec qui que ce soit, personne ne la comprendra et elle ne comprendra personne. Elle vivra en brousse, son père ne veut pas la mettre en crèche et elle sera élevée par une nounou. Le premier hôpital est à trois heures de route et son père ne sera que très rarement au domicile ".

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Le comité de soutien a écrit aux députés pour sensibiliser sur la situation d'Hélène et de sa fille. Une pétition a déjà recueilli plus de mille signatures : page facebook "protégeons la petite Lili".

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