Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Une mère varoise réclame justice après la mort de son fils près d'un hôtel de luxe des Caraïbes

-
Par , France Bleu Provence

Le 24 février 2018, Keryan âgé de 24 ans perdait la vie, sous les yeux de son frère après avoir été percuté par un bateau alors qu'il se baignait à proximité du Four Seasons de Nevis, situé sur une toute petite île des Caraïbes. Sa maman, une habitante de Hyères réclame aujourd'hui justice.

Keryan juste avant sa mort près du Four Seasons
Keryan juste avant sa mort près du Four Seasons © Radio France - C. MARQUES

Une île paradisiaque, une famille heureuse, des vacances qui s'annoncent bien. Mais en quelques secondes ce 24 février 2018, la vie de la famille Paver a basculé. Keryan 24 ans, se baigne à proximité du rivage d'une plage publique, Pinneys Beach. Il est dans l'eau depuis à peine quelques minutes, masque de plongée sur la tête, quand un bateau qui tracte une bouée se dirige à toute vitesse dans sa direction. William, le frère de Keryan hurle à son frère de faire attention, fait des gestes dans tous les sens, rien n'y fait.

Le bateau passe sur le jeune nageur, s'immobilise selon certains témoins, puis repart en direction du Four Seasons, l'hôtel de luxe situé juste à côté. Le corps de Keryan est retrouvé, atrocement mutilé, peu de temps après par "un bon samaritain qui a pris son bateau personnel pour nous aider. Sinon, mon fils aujourd'hui ne serait pas mort, mais porté disparu" témoigne dignement Marie-Claire Paver, la maman de Keryan.

Quelques jours plus tard, l'autopsie confirme la mort sans équivoque de Kéryan, suite aux blessures infligées par les hélices du bateau. La responsabilité du pilote du bateau n'est donc pas discutable. Pourtant deux ans et demi après, l'enquête piétine. À tel point que le Premier ministre de Saint-Christophe et Niévès, l'État dont dépend la petite île où s'est déroulé le drame, dans un point presse hebdomadaire au moins de décembre évoquait l'enquête. Un "assistant police commissioner" a alors indiqué qu'ils étaient dans l'attente des résultats de l'autopsie (connus depuis 2 ans et demi !). 

"Mépris et arrogance"

Un manque de transparence qui interroge, d'autant qu'un couple d'Américains, présents au moment du drame avec leurs enfants en partie sur le bateau, et en partie sur la bouée tractée par le bateau, n'ont pas été entendus. Et qu'ils refusent de répondre aux questions des enquêteurs. Ils ont d'ailleurs quitté le Four Seasons où ils passaient leurs vacances le lendemain matin.

"Mais ce qui nous a par-dessus tout choqué, dans notre perte colossale, et notre douleur abyssale, c'est le mépris et l'arrogance des responsables. Le seul soutien que nous avons reçu est venu de nos proches, et de certains habitants qui nous ont accompagnés dans cette tragédie" témoigne Mme Paver.

Pourtant, il y a eu des alertes avant le drame. Le 22 décembre 2017, un père de famille en jet-ski se fait heurter par un bateau identique à celui impliqué dans la mort de Keryan. "Ces bateaux transportent des clients entre Saint-Christophe et le Four Seasons, ou proposent des activités nautiques aux clients de cet hôtel de renommée internationale" indique Mme Paver. L'établissement, selon nos recherches, est d'ailleurs la propriété d'une société qui appartient à Bill Gates.

Le couple n'a jamais pris attache directement avec la famille endeuillée. Les avocats du groupe Four Seasons considèrent en revanche que la responsabilité du drame incombe au jeune Keryan lui-même car il se serait trop éloigné du bord. "Or plusieurs témoins directs affirment qu'au contraire, mon fils venait à peine de se mettre à l'eau, et qu'il n'était pas très loin du rivage" contredit la maman. 

"Pour que ça n'arrive plus"

Aujourd'hui, Madame Paver réclame justice. "Mais pas une justice revancharde. Que les gens qui travaillent mais aussi la population comprennent que la plage peut être un endroit fantastique. Mais que ça peut être aussi un moment de tragédie et de douleur qui lamine les familles. Mais ce que je demande aux autorités, aussi bien légales qu'aux autorités commerciales comme ces hôtels de luxe, c'est de prendre leurs responsabilités.

De s'assurer que les employés soient formés, parce que c'est là où le bât blesse. Tout le monde ignore les principes de sécurité. La charte de sécurité ne sert à rien si elle n'est pas appliquée. C'est arrivé à mon fils. Cela pourrait arriver à votre fils, à n'importe qui. Et c'est ce qu'il faudrait empêcher" résume la maman de Keryan.

Marie-Claire Paver s'est adressée directement par courrier en août dernier à Brigitte Macron afin de sensibiliser l'épouse du Chef de l'Etat sur l'évolution nécessaire de la réglementation relative à l'encadrement des activités proposées par les groupes hôteliers. La mère de famille meurtrie a d'ailleurs lancé une pétition dans ce sens sur facebook : "le protocole Keryan" .

Une plage publique réputée pour la baignade et la plongée
Une plage publique réputée pour la baignade et la plongée © Radio France - C. MARQUES
Choix de la station

À venir dansDanssecondess