Faits divers – Justice

Une nounou d'Aix-les-Bains condamnée pour violences

Par Nicolas Peronnet, France Bleu Pays de Savoie mercredi 13 janvier 2016 à 18:38

Le palais de justice de Chambéry
Le palais de justice de Chambéry © Maxppp - Maxppp

Relaxée en première instance, une nourrice d'Aix-les-Bains (Savoie) a finalement été condamnée ce mercredi par la cour d'appel de Chambéry pour des violences sur des enfants dont elle avait la garde.

Elle avait été relaxée en première instance, mais la cour d'appel de Chambéry en a décidé autrement. Une nounou d'Aix les Bains a été condamnée mercredi à  dix huit mois de prison avec sursis, et dix ans d'interdiction de travailler avec des enfants. La cour a finalement considéré que les faits de violence étaient avérés. Des hématomes, griffures, traces de gifle ou encore brûlures, sur quatre enfants de moins de trois ans, dont cette femme d'une cinquantaine d'années, qui continue de nier, avait la garde entre 2011 et 2014 dans la cité thermale. 

"Un réel soulagement"
—La maman de Calysta

Cet arrêt est "un vrai soulagement" pour Cathy Cochet, la maman de la petite Calysta, aujourd'hui agée de 6 ans, et dont les traces de coup au visage ont été reconnus par la justice : "Il y a énormément d'émotion, c'est un combat que l'on mène depuis un an. C'est un réel soulagement, on va pouvoir les regarder en face, leur dire qu'on a fait ce qu'il fallait et que maintenant elle paie. Le plus important est qu'elle n'ait plus le droit d'exercer avec des enfants. On ne veut plus qu'elle touche un enfant".

ECOUTEZ Cathy Cochet, la maman de Calysta

Une nouvelle expertise pédopsychiatrique entre les deux audiences

En première instance, en juin dernier, la nounou, jugée pour des violences sur 8 enfants, avait pourtant été relaxée, faute d’éléments. Comment expliquer cette volte face de la justice chambérienne ? Selon l'avocate des familles, maître Sandrine Pavet, une expertise pédopsychiatrique réalisée entre les deux audiences a révélé que les enfants présentaient des traces de maltraitance psychologique encore deux ans après les faits. Elle aussi s'est dite soulagée à la sortie du tribunal : "C'est une satisfaction, pas une victoire car rien n'enlèvera la souffrance des enfants. Ils vont devoir grandir et se construire avec ces blessures, mais les parents de Raphael, Louis, Benjamin et Calysta vont pouvoir dire à leurs enfants que la personne qui les a maltraité a été condamnée".

ECOUTEZ l'avocate des familles, maître Sandrine Pavet

Vers un pourvoi en cassation ?

Le marathon judiciaire n'est peut être pas terminé pour les familles des victimes. L'avocat de la nourrice, maître Yves Hartemann, persuadé de son innocence, n'exclut pas de porter l'affaire devant la cour de cassation : "Cet arrêt est une surprise car le jugement prononcé en première instance était tout à fait clair. Je vais attendre les motivations de la cour d'appel pour décider ou non d'un pourvoi en cassation. C'est pour ma cliente inacceptable d'être condamnée pour des faits qu'elle n'a pas commis. Le ciel lui tombe sur la tête, elle est effondrée."