Faits divers – Justice

Fillette oubliée dans un car scolaire : l'accompagnatrice mise à pied

Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu samedi 10 décembre 2016 à 16:34 Mis à jour le samedi 10 décembre 2016 à 20:34

Louise, 4 ans, a été oubliée pendant huit heures dans le bus scolaire ce jeudi 8 décembre. Photo d'illustration.
Louise, 4 ans, a été oubliée pendant huit heures dans le bus scolaire ce jeudi 8 décembre. Photo d'illustration. © Maxppp - Frédéric Lecocq

Une petite fille de 4 ans a été oubliée dans un car scolaire pendant toute une journée ce jeudi 8 décembre 2016 à Ectot-l'Auber, dans le pays de Caux en Seine-Maritime. Les parents ont porté plainte et l'accompagnatrice a été mise à pied. La petite fille et ses parents sont traumatisés.

C'est une journée que Louise n'oubliera pas de sitôt. La petite fille de 4 ans a passé la journée enfermée dans un car scolaire ce jeudi 8 décembre 2016, à Ectot-l'Auber, dans le pays de Caux en Seine-Maritime. Comme tous les matins, la maman de Louise la dépose à la garderie de Saussay. Plus tard, tous les enfants de la garderie prennent le bus scolaire, direction Ectot-l'Auber où se trouve leur école.

Mais ce matin n'est pas comme les autres puisque Louise doit assister à un spectacle de fin d'année et rencontrer le Père Noël. "Elle était toute contente", raconte son père Mathieu. "Sa maman m'avait envoyé une photo le matin pour me montrer sa tenue de princesse pour l'occasion."

Arrivés à destination, impossible pour Louise de défaire sa ceinture de sécurité : elle est bloquée. La petite fille ne dit rien, ou pas assez fort pour qu'on l'entendre.

Conséquence : tous les enfants descendent avec l'accompagnatrice, sauf Louise.

Coincée pendant huit heures

La chauffeur du bus reprend alors sa route et gare le car sur un parking avant de descendre. Louise est toujours à l'intérieur. A l'école, personne ne s'inquiète : l'institutrice pense que Louise est malade et que ses parents ont oublié de prévenir.

Ce n'est qu'à la sortie de l'école qu'on constate l'absence de l'enfant. "Ca faisait quatre jours que je ne l'avais pas vue parce que j'étais à l'étranger. J'ai décidé de lui faire la surprise et d'aller la chercher à 16h", détaille son père. Problème : quand il arrive, on lui répond que sa fille n'est pas là.

Pendant dix minutes, personne ne sait où est Louise. Jusqu'à ce que le bus arrive pour ramener les enfants chez eux. Louise est toujours à l'intérieur.

On fait le fier devant son enfant mais quand on se retourne, on pleure

Cette journée a été un véritable traumatisme pour Louise. Quand son père la récupère, elle ne dit pas un mot pendant une heure. Petit à petit les explications viennent, laborieusement. "Elle en a parlé ce soir-là mais très peu. Ce vendredi nous sommes allés chez le médecin avec elle mais elle ne voulait pas en parler avec lui. Elle nous a dit qu'elle n'en parlerait qu'avec nous", explique son père. Puis certaines phrases viennent d'elles-mêmes. "Je vous ai appelé longtemps, longtemps, longtemps et j'ai beaucoup pleuré mais vous n'êtes pas venus me chercher" confie la petite fille à ses parents ce vendredi soir.

Face à cet événement, les parents tentent de faire face. "On fait tout pour qu'elle n'ait pas un sentiment d'abandon. Pour qu'elle comprenne que rien n'est de sa faute. Il y a eu une erreur humaine mais ce n'est pas elle qui l'a commise." Malgré tout, la situation reste difficile à vivre pour eux : "On fait le fier devant son enfant mais quand on se retourne on pleure, on se demande ce qu'on aurait pu faire de plus. Savoir qu'elle a été coincée huit heures dans un bus, qu'elle vous a appelé et que personne n'était là pour elle... c'est dur", confie en larmes Mathieu, son papa. Les parents vont laisser passer quelques jours avant d'amener à nouveau Louise chez le médecin pour savoir si elle doit consulter un pédopsychiatre.

Une plainte et une mise à pied

Les parents de Louise ont porté plainte contre l'accompagnatrice qui est chargée de s'occuper des enfants pendant le trajet en bus. Elle a aussi été mise à pied par le Syndicat intercommunal à vocation scolaire (Sivos) du Val-des-Mares, son employeur.

Pour Mathieu, il y a une faute de sa part : "Je ne remets pas en cause le travail des institutrices ou du chauffeur de bus qui ont fait leur travail. Il n'y a qu'une personne concernée, c'est l'accompagnatrice. Si Louise n'a pas parlé pour dire qu'elle était coincée, c'est parce que les enfants n'ont le droit ni de parler ni de chuchoter dans le bus." Pour lui, la mise à pied par le Sivos n'est pas suffisante." Elle va pouvoir continuer à encadrer la cantine ! C'est inconcevable !" Avec sa plainte, il veut donc aller au bout de la démarche. Et souhaite que l'accompagnatrice ne s'occupe plus d'enfants.