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Menottée après un coup de colère au commissariat, une Rochefortaise porte plainte pour violences policières

- Mis à jour le -
Par , France Bleu La Rochelle, France Bleu

Nhi-Moui, enseignante de 44 ans, s'est présentée lundi midi au commissariat de Rochefort pour déposer plainte. Face au refus des policiers de la prendre en charge immédiatement, elle est entrée dans une "colère folle". Elle a fini menottée et placée à l'isolement.

Travaux en cours, règles Covid : la salle d'attente du commissariat de Rochefort ne peut recevoir que peu de personnes. Mais pour Nhi-Moui, ce n'était pas une raison pour ne pas prendre sa plainte.
Travaux en cours, règles Covid : la salle d'attente du commissariat de Rochefort ne peut recevoir que peu de personnes. Mais pour Nhi-Moui, ce n'était pas une raison pour ne pas prendre sa plainte. © Radio France - Cécile Bidault

Elle se dit victime de violences physiques et psychologiques. A Rochefort, une enseignante de 44 ans a décidé de porter plainte contre des policiers, après une vive altercation lundi midi au commissariat, où elle s'était rendue pour porter plainte après une intrusion à son domicile. 

Ce lundi midi, Nhi-Moui, d'origine asiatique, se présente au commissariat pour la deuxième fois. Le samedi déjà, elle a voulu porté plainte mais l'agente, seule en poste, lui a demandé de repasser. Cette fois c'est la salle d'attente qui est déjà pleine, avec une capacité réduite par des travaux en cours, et des règles liées au Covid-19. Et en plus, c'est l'heure de déjeuner : "Un policier m'a dit qu'il avait faim, et qu'il fallait que je m'en aille, raconte l'enseignante rochefortaise. Il a fini par me pousser dehors. A partir de ce moment-là, je suis rentrée dans une grande colère."

Elle se débattait, elle hurlait - Fabrice, représentant Unsa au commissariat

Plus qu'une colère, une furie, témoigne Fabrice, policier à Rochefort et représentant UNSA au commissariat. Il est présent sur les lieux au moment de l'incident : "Elle voulait absolument rentrer, elle a fini par ramper dans le couloir. Je suis arrivé à ce moment-là, et elle se débattait, elle hurlait. Donc les collègues n'ont pas eu d'autre choix que de la maîtriser et de l'emmener dans une salle sécurisée."

Au passage Nhi-Moui se retrouve menottée dans le dos. Mais "je peux vous garantir qu'à aucun moment elle n'a reçu de coup" assure Fabrice de l'Unsa, pour qui la réaction des policiers était appropriée, la violence employée légitime et proportionnée.

Paroles racistes à caractère sexuel

Avec ses entorses aux cervicales et au genou, reconnues le lundi soir par un médecin de l'hôpital de Rochefort qui lui a délivré 10 jours d'ITT (incapacité totale de travailler), Nhi-Moui n'est pas du tout d'accord. "En me portant comme un cochon, ils disaient : c'est une folle, elle se cogne la tête toute seule contre les murs."

Nhi-Moui dit également avoir fait l'objet de paroles racistes et à caractère sexuel : "Un policier m'a dit : mais tu es toc-toc, chinetoque." Plus tard, alors que l'enseignante continue de hurler dans la salle d'isolement, un autre policier lui aurait asséné : "Ferme ta gueule, parce que si je rentre, je vais te sortir ma... et tout te défoncer."

La situation se calme malgré tout, et la plainte de Nhi-Moui est finalement prise. Le lendemain l'enseignante se présente au même commissariat, cette fois pour porter plainte contre les policiers. Elle est alors reçue avec beaucoup d'égards : "Je leur ai dit en partant que si j'avais été reçue comme ça pour ma première plainte, il n'y aurait pas eu de souci" conclut Nhi-Moui qui plaide pour un meilleur accueil des plaignants dans les commissariats. "Si on vient, c'est qu'il y a une raison, et le simple fait d'être reçu, et la plainte posée sur le papier, on se sent rassuré." 

Double enquête, pénale et administrative

Cette nouvelle plainte a en tout cas été prise très au sérieux par la hiérarchie policière, immédiatement transmise au parquet de La Rochelle, qui a confié l'enquête à la Sûreté départementale à La Rochelle. Enquête pénale doublée d'une enquête administrative. Des demandes d'explications écrites ont déjà été adressées aux policiers concernés et des auditions assez nombreuses sont prévues. Malgré tout, "les collègues sont assez sereins", conclut Fabrice de l'Unsa.

Nhi-Moui voue une grande reconnaissance à la France, où elle est arrivée enfant et sans-papiers depuis le Laos. "Grâce à la France, grâce au système éducatif, j'ai réussi à devenir professeur des écoles." Mais avec cet incident, elle dit ressentir "une grosse désillusion".

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