Faits divers – Justice

Une semaine après, les sauveteurs des "naufragés du vide" racontent leur opération de secours à 3.600 mètres d’altitude

Par Richard Vivion, France Bleu Pays de Savoie samedi 17 septembre 2016 à 2:50

Le préfet de la Haute-Savoie a rendu hommage hier soir aux secouristes des "naufragés du vide".
Le préfet de la Haute-Savoie a rendu hommage hier soir aux secouristes des "naufragés du vide". © Radio France - Richard Vivion

Ils ont été au centre d’une opération de secours hors-norme, l’évacuation de 110 personnes bloquées (le 8 septembre) dans la télécabine du Panoramic Mont-Blanc. Reçus en préfecture ce vendredi soir, plusieurs de ces secouristes ont raconté les coulisses de ce sauvetage.

"Vous avez réalisé une mission parfaite. Messieurs, bravo". C’est dans les salons de la préfecture à Annecy que Georges-François Leclerc a tenu a salué "le courage et le professionnalisme" de tous les acteurs de ce qui restera comme la plus importante opération de secours de ces dernières années dans le massif du Mont-Blanc. Le préfet a insisté sur le caractère hors-norme du sauvetage réalisé. L’évacuation de 110 personnes bloquées dans des cabines à plus de 3 600m d’altitude. Jeudi 8 septembre, 70 d’entre elles avaient pu être hélitreuillées avant le couchée du soleil. Trente-trois avaient du passer la nuit dans les cabines avant la remise en service de la télécabine le vendredi matin vers 7h30.

Un pilotage technique et des cris

Combinaison orange de pilote sur le dos, Frédéric a pris quelques minutes hier soir pour évoquer "ce qui au final restera un bon souvenir". Le 8 septembre, aux commandes de Dragon 74, l’hélicoptère de la sécurité civile, il est arrivé le premier sur la zone du secours. "On a l’habitude d’aller chercher des alpinistes sur les voies mais là, c’était hors quotidien." Il se rappelle des conditions difficiles. Les nuages, les câbles de la télécabine et l’altitude élevée qui rend le pilotage de l’EC 145 extrêmement périlleux. "Il y a énormément de gestion de machine, un pilotage très technique." Et Frédéric a encore en tête les cris des premières personnes secourues. "Elles se sont mises à hurler dès qu’on les a sorties de la benne."

C’était très technique et on avait du mal à prendre des repères. A cette altitude toute les limites de l’hélico sont atteintes." (Frédéric, pilote d’hélicoptère de la sécurité civile 74)

Interview de Richard Vivion

Saut dans le vide

Le major François G. lui appartient au PGHM de Chamonix. Le 8 septembre il a été déposé sur l’une des cabines. "Il y avait un homme très stressé qui, d’après ce qu’on nous avait dit, était près à sauter", raconte le gendarme. "Je lui ai dit qu’on allait l’hélitreuiller mais là, une fois que je l’ai équipé, il a refusé de sortir." A ce moment là, l’homme est relié par un câble à l’hélicoptère en stationnaire, 40m au dessus de lui. "Je ne lui ai pas laissé le choix (…) j’ai du le pousser", sourit le major François. "Je ne l’ai pas revu. Il a du m’en vouloir un peu mais je pense que finalement il devait aussi être content d’être au chaud dans l’hélico."

On avait des informations comme quoi il y avait une personne qui n’était vraiment pas bien et qui voulait ouvrir la porte et sauter dans le vide." (Major François G., PGHM Chamonix)

Interview de Richard Vivion

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