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Une opération antiterroriste au pays basque visant l'ultragauche fait pschitt à Ustaritz

L'opération menée le 8 février dernier par les policiers du Raid et les hommes de la DGSI, la direction générale de la sécurité intérieure, a tourné court à Ustaritz. Une quinzaine d'agents cagoulés ont pénétré au petit matin chez une étudiante.

Marianne, étudiante âgée de 28 ans, a vu débarquer les forces de l'ordre dans son studio d'Ustaritz au petit matin, le 8 février.
Marianne, étudiante âgée de 28 ans, a vu débarquer les forces de l'ordre dans son studio d'Ustaritz au petit matin, le 8 février. © Radio France - Iban Etxezaharreta

L'événement aurait pu passer inaperçu. Marianne n'en revient toujours pas.  Des agents du RAID et de la DGSI cagoulés et armés ont fait irruption chez elle au petit matin. Elle ne comprend pas de suite ce qui se passe. "J'étais dans mon lit en fait, je dormais profondément et la première chose à laquelle j'ai pensé c'est au procès d'un gars l'an dernier qui avait tué une jeune femme enceinte à Ustaritz ; j'ai pensé à des cambrioleurs et là, j'entends un gros boum. J'ai cru que c'était un coup de pistolet. Et du coup, j'ai cru qu'ils avaient tué quelqu'un dans le couloir"

Terrorisée au réveil, emmenée cagoulée, menottée, gardée à vue... pour rien

Lumières bleues, des voix, des boucliers, des armes pointées sur elle : "J'étais terrorisée. J'ai cru que j'allais mourir."  Elle finit par comprendre qu'elle a affaire à des policiers, "et donc je me suis assise sur mon lit, ils m'ont menottée". Des agents qui lui demandent si elle a des explosifs ou des armes. Elle répond que non, ils peuvent rapidement s'en rendre compte dans le studio de 20m2 qu'ils investissent à quinze agents en faisant exploser les verrous de la portes : "C'est là que j'ai vu les débris de la porte partout par terre, mon tapis, tout sale,... je ne me rappelle pas ce qu'ils m'ont dit, j'étais terrorisée."

"C'était humiliant surtout d'être traitée comme un criminel."

"Je ne comprends toujours pas pourquoi ils ont fait ça, parce qu'ils savaient très bien que je n'étais pas mêlée à l'affaire, je ne comprends pas pourquoi ils sont venus me chercher avec tout ce fracas", s'interroge l'étudiante de 28 ans. "C'était humiliant. C'était humiliant surtout d'être traitée comme un criminel. Moi, je suis une étudiante. Je n'ai jamais eu affaire à la police. S'ils m'avaient convoquée en me disant 'Mademoiselle, on aimerait vous entendre pour une affaire', je serais venue." 

La maison a été encerclée par cinq véhicules de la police antiterroriste, puis Marianne a été emmenée avec la tête cagoulée. Son tort ? Elle a vécu durant le premier confinement en Dordogne avec certains personnes qui ont été interpellées trois mois plus tôt. Le 8 décembre dernier le Parquet National Anti Terroriste (PNAT) fait procéder à neuf arrestations par la DGSI à Toulouse, à Rennes, en Dordogne et dans le Val de Marne. 

Des militants présentés comme appartenant à "l'ultragauche". Sept personnes sont mise en examen "pour association de malfaiteurs" et cinq incarcérées. Marianne, elle, est sur écoute et sous surveillance depuis quelques temps. Sollicité, le Parquet national antiterroriste n'a pas donné suite à nos demandes de précisions.

Marianne raconte la perquisition subie dans son studio.

Et pour finir donc avec 36 heures de garde-à-vue au commissariat de Bayonne, un interrogatoire par des policiers antiterroristes venus de Paris, pour finalement être relâchée sans aucune charge. Et un studio à ranger et réparer.

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