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Faits divers – Justice

Grenoble : des dizaines d'anciens patients du chirurgien suspendu se rassemblent

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Par , France Bleu Isère, France Bleu

Une trentaine d'anciens patients du docteur V. se sont retrouvés à la maison de l'avocat ce jeudi pour rencontrer Maître Bourgin. L'avocat s'est fait connaître en révélant, le mois dernier, ce qui était arrivé à certains de ses clients : douleurs, difficultés à marcher, amputations, paralysie...

Devant les 33 potentielles victimes du docteur V et leurs proches, l'avocat maître Bourgin, à gauche sur la photo, fait état de la situation.
Devant les 33 potentielles victimes du docteur V et leurs proches, l'avocat maître Bourgin, à gauche sur la photo, fait état de la situation. © Radio France - Elisa Montagnat

Grenoble, France

"C'est un scandale de santé publique", affirme l'avocat Maître Bourgin devant la salle pleine à craquer. Il l'avoue : "En aucun cas mon cabinet n'imaginait une telle ampleur." Car, en plus de la poignée de patients qui s'était déjà manifestée, une trentaine de potentielles nouvelles victimes étaient présentes à la maison de l'avocat de Grenoble ce jeudi pour rencontrer Maître Bourgin, entourées de leurs proches. 

Toutes ne sont pas venues, car l'avocat dit avoir reçu une soixantaine de coups de fils depuis que l'affaire a été révélée dans la presse, de personnes ayant été opérées par le docteur V. et souffrant de maux similaires. Les exemples sont nombreux : douleurs permanentes, difficultés à marcher, compresse dans la gorge qui n'a pas été enlevée, implants métalliques mal posés qui ressortent de la peau, amputations et même paralysie pour l'un des patients, qui se déplace maintenant en fauteuil roulant.

A la fin de la réunion, maître Bourgin a invité les patients à entrer en contact avec des membres de son cabinet. Une dizaine de bureaux attendait les potentielles victimes qui faisait la queue pour raconter tour à tour leurs histoires. - Radio France
A la fin de la réunion, maître Bourgin a invité les patients à entrer en contact avec des membres de son cabinet. Une dizaine de bureaux attendait les potentielles victimes qui faisait la queue pour raconter tour à tour leurs histoires. © Radio France - Elisa Montagnat

Maître Bourgin y voit quand même un coté positif : "Ce n'est que l'analyse globale qui permet de démontrer les pratiques systématiques, et l'intégralité de ces soixante personnes font toujours état des même griefs : une chirurgie décidée sur un coin de table lors du premier rendez-vous, décidée sans examen complémentaire, d'imagerie notamment, décidée toujours sans alternative thérapeutique." C'est cette prise de risque répétée, quel que soit l'état préalable du patient, qui, d'après la CPAM et le conseil de l'ordre des médecins de Lyon et de Paris, est source de dangerosité. D'ailleurs depuis le 1er mai, le docteur V. n'a plus le droit d'exercer durant 18 mois, selon une décision du conseil national de l'ordre des médecins. "Ce personnage a eu une relation compulsive avec le geste opératoire" résume l'avocat.

La CPAM, le conseil des médecins de l'Isère et le parquet de Grenoble étaient au courant depuis 2016

En 2016, la sécurité sociale avait signalé le cas du docteur V. et la justice avait ouvert une enquête. "Pourquoi son confrère m'a-t-il orienté vers lui, alors qu'il était déjà condamné par la CPAM ?!" demande Axel Carrat, ancien boxeur opéré des cervicales l'année dernière. "Je n'ai plus de sensibilité dans les mains, et mon problème est pire qu'avant l'opération." 

Dans la salle, ce qui choque le plus, c'est d'avoir entendu parler de cette affaire via la presse le mois dernier : "J'avais encore un rendez-vous avec lui en mai, et personne ne m'a prévenu de ce qui se passait !" déplore une patiente. Un homme prend la parole : "Moi j'ai découvert l'affaire car la secrétaire du docteur V. m'a envoyé un mail pour que je signe une pétition de soutien en sa faveur !" Frédérique Bagalino a dû subir une cinquantaine d'opérations pour une fracture de la malléole, elle est maintenant amputée de la jambe. Cela fait neuf ans qu'elle s'est engagée dans une bataille judiciaire, et aujourd'hui elle espère que l'union fera la force : "On se dit qu'on est seul et puis en fait non, loin de là, nous sommes une grande famille malheureusement. Ça nous fait peur, mais en même temps ça nous aide à nous reconstruire, et peut-être, à le faire enfin condamner."