Faits divers – Justice

Une "unité dédiée" pour les détenus radicalisés mise en place à la prison d'Osny

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris Région lundi 25 janvier 2016 à 6:22

La maison d'arrêt d'Osny (2005)
La maison d'arrêt d'Osny (2005) © Maxppp - Olivier Sureau

Deux "unités dédiées" aux détenus radicalisés sont mises en service ce lundi à Lille Annoeulin dans le Nord et à Osny dans le Val d'Oise, avec une vingtaine de détenus chacune. L'expérience débutée à Fresnes (Val-de-Marne) est pérennisée et en tout 5 unités seront mises en place d'ici fin mars.

C'est l'une des parties du plan de lutte contre le terrorisme annoncé par le Premier ministre Manuel Valls le 21 janvier 2015 après les attentats à Paris et Montrouge. Les unités de prise en charge des détenus radicalisés sont mises en place ce lundi dans 2 prisons : à Lille Annoeullin, dans le Nord, et à Osny, dans le Val d'Oise. L'expérimentation menée depuis octobre 2014 à Fresnes est pérennisée. Deux autres unités de ce type doivent ouvrir d'ici fin mars à Fleury Mérogis, ce qui porte à 5 en tout le nombre de ces unités.

L'objectif du dispositif, c'est d'abord de regrouper les détenus "radicalisés" ou "en voie de radicalisation" pour protéger les autres et éviter le prosélytisme. A Fresnes, l'expérience reposait sur la base du volontariat. Elle est donc prolongée mais elle devient obligatoire.

Protéger les autres détenus

L'administration pénitentiaire explique qu'il faut aider les détenus à "penser par eux-même", leur offrir une autre vision du monde. Des groupes de paroles et un accompagnement individuel sont donc mis en place avec des psychologues ou encore des sociologues.

"_Il faut proposer un projet alternatif à ce que proposent les groupes djihadistes,_ proposer un contre modèle et les faire adhérer à cet autre modèle" explique Sébastien Piétrasanta, député socialiste des Hauts-de-Seine et auteur d'un rapport sur la "déradicalisation".

Des "détenus irrécupérables" 

Selon lui, il y a malgré tout un effet de groupe, d'entrainement, qui pourrait apparaître, dans ces unités qui réunissent les détenus radicalisés. "Il faut être particulièrement vigilant" explique-t-il donc. "Il y a aussi des détenus irrécupérables", concède-t-il.

Sébastien Piétrasanta, député PS des Hauts-de-Seine

L'administration pénitentiaire assure aussi qu'elle sera tres prudente. Une centaine d'agents a d'ailleurs été spécialement formé et les détenus les plus radicaux n'ont pas été selecitonnés pour ce programme.

La ministre de la Justice Christiane Taubira doit visiter l'unité de la prison d'Osny le 3 février prochain.