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Faits divers – Justice

Une vaste arnaque à la vente de voitures d'occasion jugée à Alençon

mercredi 14 novembre 2018 à 17:19 Par Nolwenn Le Jeune, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu

C'est un procès fleuve qui s'est ouvert ce mercredi à Alençon. Le tribunal correctionnel juge trois personnes, dont un ancien couple de garagistes. Ils revendaient des voitures d'occasion. Il y aurait une centaine de victimes. Soixante-dix sont présentes ou représentées à l'audience.

Le procès s'est ouvert ce mercredi au Palais de justice d'Alençon pour deux ou trois jours, et la décision devrait être mise en délibéré.
Le procès s'est ouvert ce mercredi au Palais de justice d'Alençon pour deux ou trois jours, et la décision devrait être mise en délibéré. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Alençon, France

Le procès d'une vaste arnaque à la revente de voitures d'occasion s'est ouvert ce mercredi matin à Alençon. Trois personnes sont jugées : un ancien couple de garagistes poursuivi pour abus de bien social, banqueroute, faux et usage de faux, et un ancien collaborateur poursuivi pour recel et faux. Face à eux, une centaine de victimes, dont les deux tiers sont représentées ou présentes à l'audience. La société Auto GP 61 avait été créée en 2012 à Condé sur Sarthe et ses dirigeants avaient disparu du jour au lendemain en juillet 2014.

Environ 70 victimes, dont Maurice et Monique Lebrun, sont présentes dans la salle d'audience. - Radio France
Environ 70 victimes, dont Maurice et Monique Lebrun, sont présentes dans la salle d'audience. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Cela fait quatre ans que Nicolas Chastellier attend ce moment. Celui où il reverra son ancien garagiste. "Je lui avais confié mes deux voitures pour qu'il les vende. On se connaissait bien, il venait chercher son pain tous les jours", raconte ce boulanger installé à Saint Germain du Corbéi. En toute confiance, il lui laisse même sa carte grise. "Il en a profité pour faire un faux !

Quand le couple de garagistes disparaît, l'ardoise est lourde : il a plus de 15 000 euros dans la nature. Et il se rend compte qu'il n'est pas le seul dans cette situation. Car beaucoup de victimes se retrouvent ce matin du 17 juillet 2014 sur le parking de la société Auto GP 61 à Condé sur Sarthe. "On venait chercher notre chèque de 8.000 euros pour la vente de notre voiture", racontent Maurice et Monique Lebrun. Mais ce couple d'Alençonnais n'en verra jamais la couleur. "Pourtant on a toujours la carte grise et le double des clés !" Un comble, puisque la voiture, elle, a été vendue à quelqu'un d'autre et qu'ils la voient rouler dans Alençon ! 

Un système de "cavalerie" où les nouveaux emprunts remboursent les précédents

Face à eux, l'ancien garagiste est seul à la barre du tribunal. Son épouse n'a pas pu venir, trop difficile psychologiquement explique son avocate. L'homme, âgé de 46 ans, encaisse tout seul les nombreuses interrogations dans ce dossier fleuve qui compte quand même 4.800 pages ! Et même s'il essaye d'avoir réponse à tout, les faits ne plaident pas en sa faveur. Sa précédente société dénommée Auto GP est placée en liquidation judiciaire le 31 janvier 2012. Douze jours plus tard, il en créé une nouvelle baptisée Auto GP 61. "Au même endroit, avec la même activité de dépôt vente de véhicules, et un prête nom, sa femme, nommée gérante de droit, tous les germes de l'escroquerie sont là" résume le procureur François Coudert. 

Très rapidement, les ennuis s'accumulent. La société est considérée en cessation de paiement par le comptable fin 2012. Le couple ne déclare rien. "Je pensais me refaire, explique le prévenu. En améliorant les marges, en vendant plus". Mais c'est la fuite en avant : le tribunal décrit un système de "cavalerie" dans lequel les nouveaux emprunts servent à rembourser les précédents. En juillet 2014, acculé par les dettes, menacé par des clients qui réclament leur argent, il s'enfuit avec sa famille. Le pot aux roses est découvert. 

L'instruction a duré quatre ans, le dossier compte 4800 pages et le tribunal s'est donné deux à trois jours pour le juger. - Radio France
L'instruction a duré quatre ans, le dossier compte 4800 pages et le tribunal s'est donné deux à trois jours pour le juger. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Quatre ans plus tard, les victimes sont environ soixante-dix présentes ou représentées à l'audience. Elles ne se font guère d'illusions. "On avait pris un crédit de 24 700 euros pour lui acheter une voiture", rapporte Jean Luc et Adeline Nercisse. "On espère récupérer un petit quelque chose pour un peu rentrer dans nos frais, parce qu'on continue de rembourser notre crédit..." Et ils savent qu'ils ont peu de chance de récupérer leur argent, mais ils espèrent au moins que des condamnations seront prononcées. Le couple risque cinq ans de prison.