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Faits divers – Justice

Américo De Azevedo, une vie esquintée par une voiture abîmée

lundi 28 août 2017 à 17:27 Par Boris Letondeur, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

En 2006, Americo De Azevedo achète une voiture aux domaines aux enchères. Lorsqu'il se présente pour la récupérer, il découvre le véhicule accidenté et inutilisable. Récit de dix ans d'une procédure qui a ruiné sa vie.

Américo De Azevedo exhibe la lettre qu'il a reçue de la Présidence de la République.
Américo De Azevedo exhibe la lettre qu'il a reçue de la Présidence de la République. © Radio France - Boris Letondeur

"J'arrive à bout de force et songe à commettre l'irréparable". Par ces mots, Américo De Azevedo conclut sa lettre au Président Macron. Ce quinquagénaire de Sotteville-Lès-Rouen est "à bout de forces", lassé, usé, mutilé par une histoire invraisemblable partie du simple achat d'une voiture. En guise d'ultime recours, il interpelle la plus haute sphère de l'Etat.

Fin 2006, cet amateur de voiture cherche à acquérir un nouveau véhicule. Il parcourt les fourrières de la région avant de jeter son dévolu sur une Audi A4, quasiment neuve. Le bolide lui plait tellement qu'il va le voir deux fois avant de se résoudre à l'acheter aux enchères quelques mois plus tard, en mai 2007.

Stupéfiante découverte à la fourrière

Le jour-j, il se déplace à Saint-Maurice en région parisienne et acquiert le véhicule par adjudication pour la somme de 4 400€, taxes comprises. Qu'elle n'est pas sa surprise lorsqu'il se rend à la fourrière pour récupérer sa promise, et qu'il découvre une voiture défoncée sur tout l'avant gauche. Le lieu de stockage a, en fait, été cambriolé durant l'hiver, et l'Audi A4 a été dérobée. Dans leur fuite, les voleurs ont causé un accident, abîmant substantiellement le véhicule, désormais non roulant.

Américo De Azevedo est stupéfait, les Domaines ne lui ont rien dit, pas plus que la fourrière ou la police. De fait, aucun des intervenants de cette affaire n'est assujetti à une obligation d'information dans pareil cas de figure. Malgré plusieurs courriers en recommandé, les Domaines lui ont refusé par deux fois le remboursement de la voiture, au motif que la fourrière ne leur avait pas signalé la dégradation du véhicule.

L'affaire a rongé sa vie

L'acheteur lésé se retourne alors contre la fourrière mais perd son procès par manque d'expérience judiciaire. Finalement, il finit par obtenir le remboursement, en novembre 2015, soit près de neuf ans après les faits. Et ce n'est pas l'état du véhicule qui lui vaut réparation, mais une anomalie administrative. En effet, l'Audi A4 avait été saisie en Belgique, après une arrestation dans une affaire de stupéfiants. Provenant de l'étranger, la voiture ne pouvait être vendue telle quelle en France.

Une victoire pour Américo de Azevedo mais le combat a laissé des traces. Cette obsession à rétablir la justice a eu raison de son couple, de son moral, de sa santé physique et mentale. Sujet à une dépression aggravée, il est aujourd'hui sans emploi et survit grâce au RSA. Aujourd'hui, il demande réparation pour le préjudice induit par cette affaire sur sa vie et pour les frais engendrés par son combat et ses batailles perdues. Le pécule s'élève à environ 6 000€.

Des courriers à foison

La justice, les assurances, la fourrière, et jusqu'à peu les Domaines, tous semblaient se liguer contre le Normand. Il a donc décidé de frapper plus fort, plus haut. Son arme : la plume. Il a écrit des dizaines de courriers aux personnalités politiques les plus haut-placées du pays. Anne Hidalgo, maire de Paris, Alain Vidalies, ex-ministre des Transports, Edouard Philippe, premier Ministre et même François Hollande et Emmanuel Macron.

Mi-juillet, le service courriers de la Présidence de la République lui a répondu, "en moins de cinq jours", précise le destinataire, qui espère voir bientôt la fin du tunnel, et aspire surtout à un peu de répit et de repos.