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Faits divers – Justice

Urgences d'Albertville-Moûtiers : une avalanche de blessés sur les pistes de ski pour les vacances de Noël

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Par , France Bleu Pays de Savoie

A cause de la neige verglacée, les Urgences d'Albertville (73) sont assaillies. Entre le 15 décembre et la fin de l'année, elles ont soigné deux cents personnes de plus que l'an dernier. Avec une inflation de chutes.

Des Urgences en activité dès le matin
Des Urgences en activité dès le matin © Radio France - Christophe Van Veen

Albertville, France

La météo magnifique en station cette semaine donne aux skieurs des fourmis dans les spatules. Mais, hélas, la neige est extrêmement dure, verglacée durant toutes les vacances de Noel. Avec la glace, ça casse !  

Au coeur de la Tarentaise, les Urgences d'Albertville voient passer les skieurs des Trois Vallées (le plus grand domaine skiable du monde avec entre autres Courchevel, Les Ménuires, Val Thorens ou Méribel) , le Beaufortain ou encore Valmorel, soit 110 à 120 patients par jour en saison hivernale, avec cette année une inflation de victimes de chutes

Les cas les plus extrêmes - les traumas crâniens - sont évacués sur Grenoble. 

En quinze jours, les Urgences Savoyardes ont soigné deux cents blessés de plus que l'hiver précédent.

Hiver de casse pour les skieurs en Tarentaise : reportage aux Urgences

Les Urgences d'Albertville - Radio France
Les Urgences d'Albertville © Radio France - Christophe Van Veen

La dernière descente de la journée

A 10 h 00 du matin, dans la salle d'attente aux allures d'aéroport international, on entend déjà du russe, de l'anglais et un peu de français. Un patient sur deux est étranger. Le ski en Savoie attire le monde entier. 

Et cette année, c'est l'hécatombe. Bras droit en l'air, perclus de douleurs, Kirk, un Australien de 26 ans, débutant en snowboard, nous raconte comment il s'est blessé aux Ménuires la veille : "J'ai voulu faire une dernière descente en fin de journée. J'étais un peu fatigué. Je suis tombé en arrière. Je crois que je me suis cassé le poignet."

Kirk de dos et sa copine qui le réconforte  - Radio France
Kirk de dos et sa copine qui le réconforte © Radio France - Christophe Van Veen

Des blessures sévères

Bertrand Alexis, médecin régulateur, est frappé par la dureté de la neige en ce moment. "Quand on intervient sur les pistes, nous-même, on est obligé de mettre des crampons ! Cela donne une idée de la dureté de la neige et de sa dangerosité. L'an dernier, la neige était bonne mais le temps mauvais, il y avait donc moins de monde sur les pistes. Cette année, les pistes sont verglacées, mais comme il fait très beau, il y a embouteillage. Avec l'évolution des matériels, certains ont aussi l'impression d'être rapidement de bons skieurs. On descend plus vite, surtout avec la neige dure, mais on ne sait pas forcément s'arrêter ou éviter un enfant. Du coup, on a cet hiver des blessures sévères avec des fractures de fémurs, de bassins ou vertébrales avec parfois des conséquences neurologiques."

Le médecin régulateur fait aussi du secours en montagne à Courchevel - Radio France
Le médecin régulateur fait aussi du secours en montagne à Courchevel © Radio France - Christophe Van Veen

L'urgentiste juge cependant que la pratique va dans le bon sens avec l'utilisation du casque, "à la louche chez 50 à 60 % des patients. Quand il n'y a pas de casque, on voit tout de suites les terribles conséquences. Et quand on voit ça une fois dans sa vie, je vous jure qu'après, on met un casque systématiquement." 

Le Doc se souvient que l'an dernier il a tout de même soigné un inconscient victime d'un choc alors qu'il skiait avec un casque intégral de moto, protection inadaptée et symbole de ces skieurs qui sont l'équivalent des chauffards sur la route.  Fêtes de fin d'année oblige, certains skient le lendemain de soirées arrosées et manquent dramatiquement de réflexes. 

Toutes les pratiques sont accidentogènes. Le snowboard n'a pas le monopole. Et certains, nombreux, tombent à pied, alors qu'ils ne sont plus sur les skis.

On brancarde à tour de bras

Deux boxs aménagés soulagent les petits bobos. Les blessés plus graves sont pris en charge dans une salle collée au parking des ambulances. Les ambulanciers d'Albertville nous confirment d'ailleurs que cet hiver, ils brancardent à tour de bras.

Le ballet des ambulances  - Radio France
Le ballet des ambulances © Radio France - Christophe Van Veen

Le pics des éclopés des pistes  c'est en fin de journée ,  la fameuse "dernière descente" quand la fatigue accumulée relâche la vigilance et les réflexes. Les Urgences sont organisées  en conséquence avec un médecin régulateur présent de 15 h à 23 heures.

La neige est loin d'être la seule responsable des accidents. On pense à ce jeune de 17 ans, gravement blessé, totalement ivre, qui est tombé du balcon d'un chalet le soir du 31 décembre.