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Usine Ikea Industry France à Lure : huit mois de prison avec sursis requis contre l'ancien directeur

Le procès de l'ancien dirigeant de la société Ikea Industry France, basée à Lure en Haute-Saône, s'est tenu ce jeudi devant le tribunal de Vesoul. La procureure a requis contre l'ancien directeur général huit mois de prison avec sursis, après la mort d'un salarié en août 2018.

L'audience a duré plus de six heures.
L'audience a duré plus de six heures. © Radio France - Jean-François Fernandez

Huit mois de prison avec sursis ont été requis ce jeudi au tribunal de Vesoul contre l'ancien directeur général de la société Ikea Industry France, située à Lure en Haute-Saône. Ce ressortissant allemand était poursuivi pour homicide involontaire par manquement à une obligation de sécurité sur un lieu de travail. 

La procureure a également demandé une peine de 50 000 euros avec sursis à l'encontre de l'entreprise. Celle-ci était représentée en tant que personne morale par le directeur de la société CF2P. Cette société a racheté Ikea Industry France en 2019 et n'entretient plus de liens commerciaux avec le géant suédois.Le tribunal correctionnel de Vesoul rendra sa décision le 1er avril prochain.

Les faits 

En août 2018, le responsable du parc à bois de l'usine, un père de famille de 42 ans est mort écrasé par une chargeuse de 34 tonnes. C'est un autre salarié qui conduisait l'engin de chantier et qui ne l'a pas vu et qui n'a pas senti qu'il lui roulait dessus. Il faisait un aller-retour vers le silo, et c'est là qu'il a découvert le corps de son responsable

Celui-ci l'avait appelé quelques minutes avant, mais le condcucteur n'avait pas répondu, car il ne pouvait pas décrocher son téléphone personnel pendant ses heures de travail. Il croise son responsable quelques minutes après, celui-ci lui donne des indications. Depuis, le chauffeur essaie toujours de comprendre pourquoi son chef est venu à sa rencontre. Très éprouvé, il a été interné un mois en hôpital psychiatrique. 

Des manquements selon la procureure

Selon la procureure, il y a bien eu imprudence et négligence de la part du directeur général de l'époque. "C'est un cumul de manquements", assène la magistrate, en regardant le prévenu droit dans les yeux. Celui-ci baisse la tête. Quelques heures plus tard, il a fondu en larmes, après avoir été interrogé par la présidente du tribunal. 

La procureure, Julie Bressand, liste les fautes : le problème de visibilité soulevé par les salariés qui conduisait la chargeuse. Certains ont témoigné devant les enquêteurs du fait qu'ils n'y voyaient rien quand ils conduisaient la machine, dont le godet devait être abaissé et à ras pour essayer de voir au maximum. 

Son intervention n'aurait jamais dû avoir lieu - Julie Bressand, la procureure

Selon la procureure, le directeur général aurait dû se pencher sur la question. Quant à la zone du parc, elle était extrêmement dangereuse, une chose connue de tous, poursuit-elle. La le père de famille n'aurait jamais dû se retrouver sur la route de l'engin de chantier : "On ne saura jamais pourquoi il était là, mais son intervention n'aurait jamais dû avoir lieu", conclut-elle. 

Aucune faute pour l'avocat du prévenu

Me Guillaume Pellegrin, l'avocat de la défense lui explique que le plan de circulation des machines et des piétons a été modifié plusieurs fois, notamment suite à des précédentes collisions. "Il n'y a aucune faute, tout ce qui a été fait n'a pas suffi à éviter l'accident", plaide-t-il. Le problème de visibilité selon lui est "une contrainte technique, c'est un risque structurel, comme certains camions ont des angles morts."

L'avocat poursuit : il estime qu'un protocole de sécurité a bien été mis en place, et que le parc à bois a bien été identifié comme une zone dangereuse. Quant aux chargeuses, qui avaient le droit de circuler dans les deux sens, ce qui explique que le chauffeur ait dû faire un aller retour, Me Pellegrin pose la question : "Que fait-on ? On supprime les chargeuses ? On interdit la circulation ?", interroge-t-il. 

Pour rappel, les piétons n'avaient pas le droit de circuler dans la zone, sauf le responsable du parc et un autre cadre. Un chemin réservé existait bien, de chaque côté du passage de la chargeuse, mais l'inspection du travail a souligné que "le marquage au sol était effacé ou recouvert de déchets de bois". 

La douleur des victimes

Deux ans et demi après la mort de son mari, décédé presque immédiatement sur le coup, la femme de la victime fait toujours des cauchemars. Elle souffre de profondes angoisses, d'un "profond sentiment d'injustice, et je crains qu'elle n'ait pas plus de réponse", déplore Me Florand.

A la fin de l'audience, le directeur général s'est excusé, dans un français balbutiant : "Je souhaiterais que ça ne soit jamais arrivé, c'est un accident triste et terrible". Le tribunal correctionnel de Vesoul rendra sa décision le 1er avril prochain. Il devra aussi apprécier si le prévenu avait bien la casquette de mandataire social, qu'il possédait bien un pouvoir de délégation. 

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