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Faits divers – Justice

Usine SNEM de Montreuil : quatre mois de prison avec sursis requis contre un parent d'élève manifestant

mardi 6 mars 2018 à 17:22 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris

Quatre mois de prison avec sursis ont été requis par le procureur à l'encontre d'un parent d'élève de l'école située près de l'usine SNEM de Montreuil. Jugé pour des violences sur un policier lors d'un blocage de l'usine en septembre, il a nié avoir porté des coups.

Les riverains de l'usine SNEM sont venus soutenir les deux pères de famille jugés pour violences sur des policiers
Les riverains de l'usine SNEM sont venus soutenir les deux pères de famille jugés pour violences sur des policiers © Radio France - Rémi Brancato

Bobigny, France

Deux pères de famille aux casiers judiciaires vides étaient jugés ce mardi par le tribunal correctionnel de Bobigny pour des violences sur un policier, à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, le 27 septembre dernier. Ces deux hommes, de 35 et 39 ans, comparaissaient suite à leur participation au blocage de l'usine SNEM, située à quelques dizaines de mètres de l'école de leurs enfants, et dont ils demandent depuis des mois la fermeture. Ils estiment, avec le collectif de riverains, qu'elle pollue le quartier et met en danger leur santé. Ce jour-là, les forces de l'ordre étaient intervenues pour les déloger.

Des soutiens sont venus demander la relaxe des deux manifestants jugés

Un rassemblement de soutien devant le tribunal

Ce mardi, devant le tribunal de Bobigny, plusieurs dizaines de voisins sont venus les soutenir, au cri de "relaxe", avant l'audience. Devant la présidente du tribunal, les deux prévenus se sont défendus des faits reprochés. "Il n'y a pas eu rébellion de ma part" a dit l'un d'eux, poursuivi pour avoir porté un coup de pied au genou d'un policier et s'être rebellé quelques minutes après, au moment de son interpellation. 

Les deux prévenus nient les violences

Il nie également avoir frappé l'agent, alors qu'il bloquait l'entrée de l'usine, avec les autres manifestants. "Je n'ai donné aucun coup de pied intentionnellement, mon seul but était de rester le plus longtemps ancré dans le sol sans qu'on ne me fasse bouger" a-t-il expliqué à plusieurs reprises.

Le procureur requiert la relaxe pour un prévenu, quatre mois de prison avec sursis pour l'autre

Des explications qui n'ont pas convaincu le procureur. S'il a demandé la relaxe pour l'autre prévenu, poursuivi pour le jet d'une cagette, d'une boite d’œufs vide et d'une bouteille d'eau sur les forces de l'ordre, il a requis quatre mois de prison avec sursis pour son voisin. 

"La loi doit être respectée" le procureur

"Aucune violence envers un fonctionnaire de police ne doit être légitimé, quelque soit le contexte" a de son côté estimé l'avocate du policier blessé, qui a écopé de 4 jours d'interruption totale de travail (ITT).

"Il y a un droit de manifester, il y a aussi un moment où la loi doit être respectée" a-t-il rappelé. Avant d'ajouter, au sujet de l'intervention des forces de l'ordre : "je sais que c'est violent, mais il faut accepter le principe d'une intervention policière".

Des arrestations pour "discréditer" la lutte, selon l'avocate des deux hommes

"De quel côté était la violence ce jour-là?" a répondu de son côté Irène Terrel, l'avocate des deux pères de famille, rappelant, selon elle, que le "but [ de la mobilisation ] est légitime" et dénonçant l'absence de dialogue : "pourquoi la préfecture a décidé d'emblée d'envoyer la force?" a-t-elle questionné. 

Un des deux prévenus témoigne au micro de France Bleu Paris

"On fait basculer la violence de l'autre côté et on discrédite leur lutte" estime-t-elle, demandant la relaxe des deux hommes. Ce jour-là, six manifestants ont été blessés. Une manifestante, qui a témoigné à l'audience, s'est vu prescrire 21 jours d'ITT. Trois plaintes ont d'ailleurs été déposées pour violences, selon l'avocate.

La décision du du tribunal correctionnel a été mise en délibéré et sera rendue le 3 avril prochain.

VIDÉO | Voir (ci-dessous) l'intervention des forces de l'ordre pour déloger les manifestants le 27 septembre dernier :