Faits divers – Justice

Vaccination : deux mois de prison avec sursis contre les époux Larère

Par Benoît Jacobo et Damien Robine, France Bleu Auxerre et France Bleu Bourgogne jeudi 7 janvier 2016 à 19:15

Marc Larère au palais de justice d'Auxerre
Marc Larère au palais de justice d'Auxerre © Maxppp

Marc Larère et son épouse Samia ont été condamnés à deux mois de prison avec sursis pour avoir refusé de vacciner leur fille contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Le feuilleton judiciaire autour du cas de cette famille vivant dans l'Yonne durait depuis octobre 2011.

Après un feuilleton judiciaire, Marc Larère et son épouse Samia ont été condamnés à deux mois de prison avec sursis pour avoir refusé de vacciner leur fille contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Les faits remontent à octobre 2011.

Le tribunal correctionnel d'Auxerre a requalifié l'affaire en simple refus de vacciner. Jusqu'ici le couple d'Auxerrois était jugé pour maltraitance. A la sortie du tribunal, Marc Larère ne comprenait cette condamnation. "Être poursuivi pour maltraitance, c'était le pompon, ça ne tenait pas. Maintenant, se voir puni de deux mois d'emprisonnement avec sursis pour un vaccin qui n'existe plus, c'est hallucinant ! De fait, pour se plier à la loi, on est obligés d'accepter, en co-injection, des vaccins qui -eux- ne sont pas obligatoires."

"cette condamnation, c'est hallucinant" (Marc Larère)

Marc Larère continue d'insister sur le fait que le vaccin contre le DT Polio n'est plus accessible sur le marché et qu'il est couplé aujourd'hui à d'autres vaccins, non-obligatoires.

Maître Emmanuel Ludot, l'avocat du couple, avait demandé la relaxe. Les juges ne l'ont pas suivi. Mais le point positif, selon l'avocat , c'est qu'il n'y a pas d'obligation de vaccination. "Ils les ont condamnés, tout en se gardant bien d'infliger aux parents une obligation de faire vacciner leurs enfants. Ça veut dire que le tribunal ne veut pas s'immiscer dans un débat "pour ou contre les vaccins". Et que le tribunal n'a pas voulu se laisser entraîner dans un piège, qui consistait à utiliser le jugement pour combattre les récalcitrants à la vaccination. Donc il est allé au-dessus de la mêlée." 

La décision du tribunal n'est pas bien méchante. Mais elle ne fait pas avancer le débat (Me Ludot)

Me Ludot de poursuivre : "la décision du tribunal n'est pas bien méchante. Ça laisse les parents au milieu du gué, ça ne fait pas avancer le débat. Cette poursuite n'était pas vraiment utile. J'ai un sentiment d'inutilité dans toute cette procédure."

"Cette poursuite n'était pas vraiment utile" (Me Ludot, l'avocat du couple)

Le couple Larère a dix jours pour faire appel.

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