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Faits divers – Justice

Il refuse que des enfants dorment à la rue à Valence : un militant associatif devant le tribunal

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Par , France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu

Un militant du collectif "Pas d'enfant à la rue à Valence" comparaissait ce mardi devant le tribunal de police. Dominique Malvaud est poursuivi pour s'être introduit dans la fac de Valence le 10 janvier pour abriter pour la nuit une dizaine de demandeurs d'asile, dont des enfants.

Palais de Justice de Valence (Drôme)
Palais de Justice de Valence (Drôme) © Radio France - Nathalie Rodrigues

Valence, France

Dominique Malvaud est poursuivi pour "intrusion non autorisée dans l'enceinte d'un établissement scolaire". Le 10 janvier 2019, vers 17h30, il est entré dans les locaux de l'université de Valence avec une dizaine de demandeurs d'asile dont 4 adolescents et un enfant de 6 ans. Le groupe s'est installé au rez-de-chaussée, dans une "salle calme, chauffée, avec des toilettes à côté". Les réfugiés ont quitté les lieux le lendemain matin vers 6h30 du matin. Aucune dégradation n'a été constatée.

"Je considère qu'on peut brûler un feu rouge pour porter assistance à quelqu'un"

Dominique Malvaud ne nie pas l'infraction. Mais il demande au tribunal de regarder au delà : "je considère qu'on peut brûler un feu rouge pour porter assistance à quelqu'un. Est-ce qu'on doit être sanctionné pour le feu rouge? Ou est-ce qu'on doit voir pourquoi on l'a fait? La justice doit être confrontée à ça : est-ce que j'applique simplement la loi sans réfléchir ou est-ce qu'on voit ce qui a motivé l'infraction à la loi?"

Il explique que le collectif "Pas d'enfant à la rue à Valence" ne cherche pas à occuper des bâtiments publics. Il cherche à mettre des gens à l'abri. Ce soir là, "il faisait 2 degrés à l'extérieur et il pleuvait" assure Dominique Malvaud. Il ajoute que ces familles avaient déposé une demande d'asile ; l'Etat devait les prendre en charge, les héberger. Ce n'était pas le cas.

Une amende de 600 euros requise

La procureur estime que l'infraction peut être retenue et requiert une amende de 600 euros. Elle explique qu'au moment de l'intrusion, le groupe n'avait clairement pas l'intention d'entamer de dialogue avec les membres de l'université ; que les revendications, d'ordre national, ne pouvaient de toute façon pas trouver de réponse dans ce cadre là. Un agent de sécurité privé a dû être payé pour surveiller les locaux de la faculté cette nuit là : les frais ont été pris en charge par le Département.

Une amende, c'est la pire peine envisageable estime Dominique Malvaud : "chaque euro, ce sont des nuitées d'hôtel pour nous. Quand on décide d'occuper un bâtiment, c'est pour abriter les familles. Mais entre-temps, on ne les laisse pas à la rue. On essaie, nous bénévoles, de les héberger. Quelques fois, on paie l'hôtel, on leur paie à manger, des tickets de bus, de train, etc..Tout ça, c'est de l'argent. Nous attaquer au porte-monnaie, c'est nous empêcher de porter une assistance...une assistance que nous ne devrions pas donner puisque ce sont des gens qui devraient être pris en compte par l'Etat. Et aujourd'hui, l'Etat veut nous reprendre l'argent qui nous sert à faire le travail à leur place. On marche sur la tête."

A la barre du tribunal, Dominique Malvaud termine par cette question :"qu'est-ce qui est plus moral : laisser des enfants dormir à la rue ou occuper illégalement des locaux?"

Le tribunal de police de Valence rendra sa décision le 4 juin prochain.