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Valérie Bacot, condamnée à 3 ans de prison avec sursis pour avoir tué son mari proxénète, est libre

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Par , France Bleu, France Bleu Bourgogne

Les assises de Saône-et-Loire ont condamné ce vendredi Valérie Bacot à quatre ans d'emprisonnement dont trois ans avec sursis pour le meurtre de son mari et ex-beau père, qui la violait et la prostituait. La quadragénaire qui a déjà passé un an en détention provisoire ressort libre du tribunal.

Valérie Bacot arrivant au assises de Saône-et-Loire. 
Valérie Bacot arrivant au assises de Saône-et-Loire.  © AFP - JEFF PACHOUD

Valérie Bacot a été condamnée vendredi à une peine symbolique de quatre ans de prison, dont trois avec sursis, pour l'assassinat de son mari violent et proxénète, ce qui lui permet de ressortir libre du tribunal car elle a déjà effectué un an de détention préventive. Le ministère public avait demandé vendredi la clémence et une condamnation sans réincarcération invoquant le fait qu'elle avait été "une victime" du mari qu'elle a fini par tuer, après avoir subi près de 24 ans de viols, violences et prostitution contrainte. Les membres de la cour d'assises sont allés plus loin dans la clémence que les réquisitions, déjà modérées. 

Le ministère public avait requis cinq ans de prison, dont quatre avec sursis. "Valérie Bacot ne pouvait pas prendre la vie de celui qui la terrorisait" mais il faut "fixer l'interdit sans réincarcérer", avait estimé dans ses réquisitions l'avocat général Éric Jallet, soulignant que ses quatre enfants avaient "besoin" de leur mère.

Un verdict applaudi

La lecture du verdict a été accueillie par un tonnerre d'applaudissements, certains proches de l'accusée fondant en larmes. Lisant les motivations de la cour et du jury, la présidente Céline Therme a souligné qu'ils avaient retenu "la terreur" dans laquelle a vécu Valérie Bacot et les "multiples traumatismes de son enfance".

"Je voudrais remercier la cour", a déclaré la quadragénaire à sa sortie du tribunal, d'une voix très faible. "C'est un nouveau combat maintenant pour toutes les autres femmes et toutes les maltraitances", a-t-elle ajouté, se disant non pas soulagée "mais vidée". 

"Valérie Bacot est victime, très clairement"

Valérie Bacot a tué d'une balle dans la nuque, à l'âge de 35 ans, Daniel Polette, 61 ans, le 13 mars 2016, après près de 25 ans de viols et de violences, puis de prostitution contrainte. Elle encourait la perpétuité. 

"Une société qui se fait justice soi-même, c'est la guerre des uns contre les autres", a estimé l'avocat général. Mais "Valérie Bacot est victime, très clairement", a-t-il reconnu. 

La défense avait estimé qu'une condamnation, aussi clémente soit-elle, serait encore trop pour Valérie Bacot. "Comment la société pourrait demander réparation à Valérie Bacot alors qu'elle n'a pas su la protéger ?", avaient plaidé ses avocates Me Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta, qui furent aussi les conseils de Jacqueline Sauvage, devenue le symbole des violences conjugales après avoir été condamnée pour avoir tué son mari, puis graciée en 2016. "C'était elle ou lui", a notamment fait valoir Me Bonaggiunta, rappelant que le mari de Valérie Bacot lui avait pointé une arme sur la tête en lui promettant qu'il la tuerait, elle et ses enfants, si elle le quittait. "Marionnette" aux mains d'un "tyran", Valérie Bacot était "prise dans une toile d'araignée, sans aucun recours possible à la loi".

Des experts psychiatre et psychologue ont souligné que l'accusée n'avait aucune autre "échappatoire" que de "faire disparaître" son mari, tant elle souffrait de son "emprise permanente" et de sa "surveillance" très serrée, qui l'empêchait d'aller porter plainte.  

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