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Vendangeurs mal logés et "traite d'êtres humains" : le procès de pratiques douteuses en Champagne

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu

Trois entreprises et six personnes sont jugées à partir de ce mercredi 1er juillet à Reims, poursuivies pour avoir employé et logé des saisonniers étrangers dans des conditions indignes en Champagne, notamment lors des vendanges 2018. Un sous traitant est même soupçonné de "traite d'êtres humains".

Illustration des vendanges en 2018 en Champagne.
Illustration des vendanges en 2018 en Champagne. © Radio France - Sophie Constanzer

C'est un dossier qui pourrait ternir l'image de la Champagne, ou en tout cas mettre en lumière des pratiques douteuses dans le vignoble. C'est ce mercredi 1er juillet que débute à Reims, le procès de trois sociétés et de six personnes jugées pour travail dissimulé et avoir logé des travailleurs saisonniers étrangers dans des conditions indignes, notamment lors des vendanges 2018 dans la Marne et l'Aube. Les deux gérants d'un sous traitant sont même poursuivi pour "traite d'êtres humains", poursuite judiciaire rare selon le procureur de la République de Reims. L'enquête aura duré plus d'un an et le procès, prévu initialement en novembre 2019, avait été reporté.

Des saisonniers entassés dans une maison avec un seul sanitaire, des matelas au sol 

Les infractions sont nombreuses : travail dissimulé, recours aux services d'un employeur étranger non autorisé à travailler, ou encore "soumission de personnes vulnérables à des conditions d'hébergement indignes", et également donc "traite d'êtres humains à l'égard de plusieurs personnes". Les faits remontent aux vendanges en août 2018 : un premier contrôle dans un pressoir dans l'Aube permet la découverte de 48 vendangeurs afghans, sans titre de travail et qui vivent dans des conditions très précaires. 

Un deuxième contrôle a lieu à la même période à Oiry dans la Marne : cette fois la gendarmerie découvre 77 travailleurs saisonniers étrangers entassés dans une maison, l'ancien café de la gare. Des saisonniers d'origine africaine pour la plupart, qui dormaient à même le sol -les mieux lotis sur des matelas- avec un seul sanitaire pour tous, et qui pour certains n'étaient pas payés

Des sous traitants de grandes maisons de Champagne mis en cause

L'enquête en lien avec l'Office central de lutte contre le travail illégal, a permis de remonter jusqu'à deux sociétés de sous traitance viticole, dont le siège social est à Reims, et qui travaillaient depuis plusieurs années pour des maisons de Champagne. Sous-traitants qui font eux-mêmes appel à un sous-traitant étranger pour trouver de la main d'oeuvre : en l'occurence ici la société RAJVITI accusée d'avoir recruter des saisonniers en partie dans des camps de migrants, et poursuivie pour "traite d'êtres humains". 

Cette affaire montre surtout une cascade de sous traitance, d'intermédiaires, et les prestataires rejettent leurs responsabilités. Aucune maison de champagne n'a été mise en cause par la justice, mais un responsable de la maison Veuve Clicquot -propriété de LVMH- est, lui, poursuivi dans cette affaire

Près de 190 victimes et une affaire sensible en Champagne

Le Comité contre l'esclavage moderne est partie civile dans cette affaire, car plusieurs Afghans (réfugiés pour certains) ont bien été exploités selon l'avocat de l'association. Et dans un communiqué ce mercredi, la CGT de la Marne espère "que justice sera rendue et que les donneurs d'ordres de ces recrutements à l'étranger seront punis". Et le syndicat précise : "Nous demandons que les donneurs d'ordres qui s'adressent à des entreprises sous-traitantes successives ou des sociétés d'intérim, parfois étrangères, ne puissent pas se décharger de leurs responsabilités juridiques en matière de respect du droit du travail". Le procès débute ce mercredi à 9 h et doit durer trois jours

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