Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Vendée : la justice condamne un jeune boulanger devenu accro aux vidéos pédopornographiques

mardi 7 novembre 2017 à 17:18 Par Emmanuel Sérazin, France Bleu Loire Océan

Un jeune habitant de Tiffauges a été condamné à 10 mois de prison ce mardi à la Roche sur Yon, pour consultation et diffusion de vidéos pédopornographiques. A l'audience, le tribunal a constaté l'inefficacité des soins imposés après son premier procès.

Le prévenu avait déjà été condamné pour des faits identiques l'année dernière
Le prévenu avait déjà été condamné pour des faits identiques l'année dernière © Radio France - Emmanuel Sérazin

La Roche-sur-Yon, France

Face au tribunal, le jeune boulanger n'arrive pas à expliquer pourquoi, ni comment il est devenu accro à ces vidéos mettant en scène des enfants âgés de 5 à 15 ans. En état de récidive, les juges l'ont condamné à 10 mois de prison fermes, assortis d'un suivi socio-judiciaire pour une durée de 5 ans, avec un injonction de soins. A l'issue de l'audience, le tribunal a prononcé un mandat de dépôt, renvoyant le prévenu derrière les barreaux.

Ce garçon de 24 ans a été condamné une première fois en juillet 2016 : il avait écopé d'un an de prison avec sursis, et d'une obligation de se soigner. Depuis cette condamnation, il a effectivement suivi des soins, en consultant un psychologue. A raison d'une heure toutes les trois semaines, ces séances ont en fait porté sur sa vie en générale, en évoquant à peine son penchant pour ces vidéos interdites. Alors, il a très vite recommencé à consulter et échanger ce genre de fichiers, en utilisant des réseaux comme Skype, Snapchat ou le forum de Skyrock. Malgré une nouvelle garde à vue en août dernier, il a poursuivi ses activités en septembre, jusqu'à ce que la justice décide de le placer en détention en attendant son procès, seul moyen de l'empêcher d'assouvir son vice.

Un risque de passage à l'acte ?

Face aux questions de la Présidente, le garçon répond d'une voix claire et sans détours. "Je ne sais pas pourquoi je suis attiré par ce genre d'images, mais dans ma tête, je sais que je suis gentil et que je suis incapable de faire du mal, surtout à des enfants". Mais la magistrate lui rappelle que ces vidéos sont réelles et pas virtuelles, et qu'il est donc complice de la maltraitance imposée à ces petites victimes. "J'ai pris conscience de la gravité des faits depuis mon placement en détention, mais les soins ne m'avaient pas fait comprendre les choses". Des vidéos et des images, les enquêteurs en ont retrouvé des centaines sur ses différents téléphones.

Le décès de son meilleur ami

Employé modèle dans une boulangerie industrielle, le jeune homme reconnait pleinement les faits, mais sans pouvoir les expliquer. Alors son avocat avance deux pistes, pour tenter de comprendre ce qui l'a fait basculer. Il y a d'abord eu le décès de son meilleur ami, tué dans un accident de canoë il y a trois ans. A la simple évocation de cette disparition, le prévenu fond en larmes. "Depuis la perte de son ami, il n'a plus aucune vie sociale, et il s'est enfermé devant ses écrans", explique Me Cédric Robert. Pour l'avocat, ce drame a fait basculer le jeune homme, qui n'avait déjà pas confiance en lui à cause de son physique enrobé et des railleries qu'il a toujours subies. "A 24 ans, il n'a jamais connu le moindre flirt. Sa vie sexuelle se résume à la masturbation devant un écran". Ce que confirme le rapport de l'expert-psychiatre, pour qui le prévenu n'est pas malade, mais présente une grande immaturité affective et sexuelle.

En plus de la peine de prison et de l'obligation de soins, le tribunal a également prononcé une interdiction de pratiquer une activité professionnelle ou associative mettant le prévenu en contact avec des mineurs.