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Faits divers – Justice

Victimes de l'amiante en Meurthe et Moselle : des centaines de salariés réclament un préjudice d'anxiété

jeudi 11 avril 2019 à 19:11 Par Mohand Chibani, France Bleu Sud Lorraine

L'ADDEVA, L'association des victimes de l'amiante de Meurthe et Moselle tenait son assemblée générale ce jeudi à Lunéville dans une salle noire de monde. De nombreux salariés veulent savoir s'ils peuvent prétendre au préjudice d'anxiété.

Manifestation nationale des victimes de l'amiante - octobre 2015 (image d'illustration)
Manifestation nationale des victimes de l'amiante - octobre 2015 (image d'illustration) © Radio France - Christophe Morin

Lunéville, France

Dans cette salle du centre de Lunéville, toutes les chaises sont occupées. Il s'agit de retraités ou de salariés de plusieurs entreprises du département comme Baccarat, Solvay ou encore Trailor. Tous ont été à un moment de leur carrière exposés à de l'amiante et aujourd'hui, ils veulent savoir s'il peuvent prétendre à un préjudice d'anxiété. 

A LIRE - Amiante : l'indemnisation du préjudice d'anxiété désormais ouverte à tous les travailleurs

C'est le cas d'Olivier, retraité de la cristallerie de Baccarat "Il fallait voir, quand on était dans la halle et que le soleil passait à travers les vitres, on voyait _un nuage de poussière_, et tout ça c'était de l'amiante mais personne n'en parlait. J'aimerais bien voir ceux qui aujourd'hui nous jugent dans cet environnement. Croyez-vous qu'ils y resteraient plus de cinq minutes, je ne crois pas!"

De la poussière d'amiante, Jacques, 42 ans passé dans les ateliers de Baccarat, dit qu'il en a respiré à grande dose. Cela fait quatre ans qu'il attend une reconnaissance de préjudice d'anxiété "Moi j'étais tailleur de grosses pièces, j'en ai respiré des saloperies, il y en avait partout et ça fait quatre ans que j'ai déposé un dossier en justice pour faire reconnaître un préjudice d'anxiété. On a été débouté par les prud'hommes, on a gagné en appel et aujourd'hui le dossier est en cassation, ça dure depuis quatre ans, c'est long".

L'assemblée générale de l'ADDEVA a fait salle comble - Radio France
L'assemblée générale de l'ADDEVA a fait salle comble © Radio France - Mohand Chibani

Une épée de Damoclès plane au dessus de nos tête - un ancien salarié de Trailor

Certaines procédures peuvent parfois durer jusqu'à dix ans lorsque les employeurs exploitent tous les recours possibles souligne en effet Cédric de Romanet, avocat spécialisé en droit social, invité de l'assemblée générale de l'ADDEVA, son cabinet croule sous les dossiers liés à l'amiante "La principale difficulté que rencontre la justice aujourd'hui c'est celle des moyens et quand la justice n'a pas de moyens, les choses se font mais, elles prennent plus de temps. Pour vous donner un exemple, aujourd'hui, à la cour d'appel de Paris, _vous devez attendre deux ans et demi pour obtenir une audience._"

Du coup, certains plaignants n'en voit pas le bout et décède avant l'aboutissement de leur dossier.  Eric a ainsi perdu beaucoup de ses collègues qui travaillaient comme lui chez Trailor à Lunéville "L'année passée, 12 personnes qui travaillaient avec moi sont décédées de maladies liées à l'amiante. On ne peut rester indifférent, en sachant que la maladie peut se déclarer 30 ou 40 ans après avoir été exposé à l'amiante, _c'est comme une épée de Damoclès qui plane au dessus de nos têtes_."

100 000 morts d'ici 2050

L'ADDEVA 54 comptait 70 adhérents lors de sa création en 2003, elle en compte aujourd'hui 960. Ce n'est malheureusement pas fini explique Bernard Leclerc, le président de l'association : "On est encore sollicité dans de nombreux endroits parce qu'il y a encore de l'amiante partout. Certains enfants, dans leurs écoles sont exposés à l'amiante, c'est le cas aussi de nombreux salariés dans des hôpitaux, dans de grandes administrations. Donc l'amiante n'est pas derrière nous, bien au contraire.

Chaque année en France, Plus de 1800 cancers d'origine professionnelle, en majorité liés à l'amiante sont reconnus. Selon l'institut de veille sanitaire, l'amiante pourrait provoquer 100 000 morts d'ici 2050.