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Dossier : Affaire "du bébé dans le coffre"

VIDÉO - Affaire du "bébé dans le coffre" jugée à Tulle : Séréna "sera handicapée à vie du fait des violences subies"

Le procès de la mère de Séréna s'ouvre ce lundi devant la Cour d'assises de la Corrèze. L'association "Innocence en danger", partie civile, veut comprendre pourquoi Rosa Da Cruz a caché l'existence de sa fille, jusqu'à sa découverte en 2013 dans le coffre de sa voiture. Et qu'elle soit condamnée.

Maître Marie Grimaud attend que la mère de Séréna s'exprime au procès sur le lien qu'elle a eu avec sa fillette
Maître Marie Grimaud attend que la mère de Séréna s'exprime au procès sur le lien qu'elle a eu avec sa fillette - © Thierry Zoccolan/AFP

La Cour d'assises de la Corrèze va examiner à partir de ce lundi après-midi le dossier "Séréna". Dossier ouvert en octobre 2013 après la découverte par un garagiste de Terrasson, en Dordogne, d'une petite fille sale et dénutrie dans le coffre d'une voiture. Séréna, âgée de sept ans aujourd'hui, présente des séquelles très graves. L'association "Innocence en danger", partie civile dans cette affaire, souhaite que sa mère soit condamnée à de la prison ferme, mais surtout qu'elle puisse enfin dire ce qui l'a poussée à cacher ainsi sa fille durant près de deux ans. Maître Marie Grimaud, avocate de l'association, répondait à 8h15 aux 3 questions de Nathalie Col sur France Bleu Limousin. 

Il a fallu plusieurs années pour obtenir un procès, et vous avez du vous battre pour que ce soit devant une Cour d'assises. Pourtant, c'est une affaire très grave !

Il étonnant que cette gravité n'ait pas été vue dès l'ouverture de ce dossier. Il a fallu plusieurs expertises pour amener la juridiction de l'instruction à comprendre qu'il fallait requalifier les faits. Puisque, aujourd'hui, nous avons une petite fille qui sera handicapée à vie, du fait des violences habituelles qu'elle a subies ! Elle a vécu la maltraitance la plus complète et la plus absolue. 

"Le huis-clos a été extrêmement ravageur... 

Que dit le dernier rapport d'expertise de l'évolution de Séréna et de l'avenir qu'elle peut espérer ? 

Aujourd'hui, l'avenir de Séréna est assez fermé, dans la mesure où elle présente des troubles de la sphère autistique, différents de l'autisme pur : elle ne rentre pas en contact avec le monde extérieur, elle ne parle pas. D'après les éléments d'expertises dont nous disposons sur la fin de l'année 2015, il n'y avait pas de paroles, un langage corporel et verbal limité à des sons, des cris, une grande agitation. 

Les retards sur l'aspect psychomoteur ont plutôt été rattrapés. Séréna ne marchait pas, ne mangeait pas, avait de gros troubles digestifs, ça n'est apparemment plus le cas à cette époque-là. En revanche, sur le développement intellectuel et psycho-affectif, les retards sont colossaux ! Le huis-clos a été extrêmement ravageur et explique les séquelles. 

Ce qui interpelle, c'est que la mère de Séréna, qui a trois autres enfants, avait déjà fait deux dénis de grossesse. Est-ce qu'il y un raté au niveau du suivi de la famille après des événements comme ça ?

Je ne suis pas en accord sur le fait qu'il y ait eu deux dénis de grossesse. Il peut y avoir un doute sur la deuxième naissance. En revanche, sur la troisième naissance, cette femme nie à plusieurs reprises au cours de l'instruction avoir été dans un déni de grossesse. S'agissant de Séréna, le déni de grossesse n'est à mon sens pas du tout caractérisé. 

Et ce que je regrette, c'est que ce dossier a été la tribune pour un certain nombre d'experts, tous affiliés à une association qui milite pour la reconnaissance judiciaire et politique de la notion de déni de grossesse, et qu'il y a eu un forçage de cette notion dans ce dossier. Nous n'avons aucun élément objectif et surtout, nous n'avons pas la parole de cette femme pour venir affirmer un déni de grossesse. Je pense qu'on est davantage dans le cas d'une femme qui s'est enfermée dans un mensonge, avec aussi une expression de toute-puissance sur Séréna, et qui a d'ailleurs été constatée sur l'ensemble des enfants. 

"Elle a eu un lien avec [Séréna], et je crois qu'il est grand temps qu'elle l'exprime et qu'elle y mette du sens

Vous avez parlé d'un huis-clos. Le père de Séréna d'ailleurs a bénéficié d'un non-lieu, car il ne connaissait pas l'existence de l'enfant. Pour autant, il n'est pas partie civile dans ce dossier... 

Alors, il peut se constituer partie civile jusqu'à l'ouverture des débats : il se peut que nous le rencontrions à l'ouverture des débats. Maintenant, cet homme vit aujourd'hui avec cette femme, la cellule familiale a été reconstruite depuis près d'un an et demi. Et c'est un homme qui est effacé par rapport à elle. Dans ce couple, celle qui avait le pouvoir, c'est elle. Elle gérait tout, elle avait le tempérament le plus fort, et cela ne m'étonne pas qu'il n'ait pas vu. Je pense qu'il va pouvoir nous apporter quelques éclairages sur l'organisation quotidienne de la maisonnée par cette femme. Mais je ne pense pas que son témoignage sera le plus déterminant. 

"L'association ne comprendrait pas qu'il n'y ait pas une peine de prison ferme

Celui que nous attendons, nous, c'est celui de cette mère accusée qui, à mon sens, ne s'est pas du tout révélée au cours de l'instruction. Et au delà de la défense, je pense qu'elle a le droit à s'exprimer et elle a le droit de dire qu'elle a aimé cette enfant. Mal. Mais elle a eu un lien avec, et je crois qu'il est grand temps qu'elle l'exprime et qu'elle y mette du sens. Son sens. Et non pas la projection des fantasmes psychanalytiques des uns et des autres dans ce dossier. 

Vous plaiderez pour une condamnation ferme ? 

L'association que je représente ne comprendrait pas que Mme Da Cruz n'ait pas une peine de prison ferme, quelle que soit la durée. Autrement, nous ouvririons une porte à une forme de banalisation de la maltraitance et le message serait inadmissible pour notre société. 

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