Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Vidéo de violences conjugales à Toulouse : aucune suite judiciaire

mercredi 13 février 2019 à 16:35 Par Julien Corbière, France Bleu Occitanie et France Bleu

C'est un tweet qui a fait beaucoup de bruit le week-end dernier : une vidéo postée par une Toulousaine qui voulait dénoncer les coups donnés à sa voisine par son conjoint. Selon les informations de France Bleu Occitanie, aucune suite judiciaire ne sera donnée à cette affaire.

Palais de justice de Toulouse
Palais de justice de Toulouse © Radio France - Stéphanie Mora

Toulouse, France

Samedi soir et dimanche, la toile a été submergée de messages suite à la vidéo postée par Sofia Oio, une féministe toulousaine qui vit dans le quartier de Bellefontaine, dans la ville rose. On y voyait les images d'un cage d'escalier et surtout, on entendait des cris, ceux d'une femme dont un pouvait penser qu'elle était battue par son mari. 

Beaucoup de médias se sont emparés de l'affaire. Et dans un contexte où une femme meurt en France tous les deux jours sous les coups de son compagnon, des milliers de messages ont été publiés sur les réseaux sociaux en soutien à la femme présumée battue et à sa voisine. Selon les éléments recueillis par France Bleu auprès du parquet de Toulouse, aucune suite judiciaire ne sera donnée à cette affaire et il s'agirait de "différents verbaux virulents au sein du couple" qui auraient été interprétés comme des violences.

La vidéo retirée des réseaux sociaux

La voisine avait expliqué avoir d'abord prévenu la police qui est venue sur place mais qui n'a pas jugé bon de procéder à l'interpellation du compagnon. Après avoir posté sa vidéo, la militante féministe avait aussitôt indiqué qu'elle allait saisir la justice. Elle avait aussi interpellé la secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa. La préfecture, la direction départementale de la sécurité publique et la mairie de Toulouse étaient intervenues pour proposer un accompagnement à la victime présumée. Mais celle-ci n'a pas porté plainte et l'affaire devrait donc s'arrêter là.

Selon la procureure-adjointe au parquet de Toulouse, Alix-Marie Caubot-Chaumeton, il aurait fallu être plus prudent avant de diffuser cette vidéo : "Dans la mesure où il s'est avéré qu'il ne s'agissait pas de violences, la police n'a pas pu faire quoique ce soit.  La dispute a pu paraître violente - je ne discute pas le ressenti de la personne qui a procédé à la diffusion- mais ce sont des conséquences qui peuvent être dommageables pour les personnes concernées (...) effectivement il est préférable de s'assurer de la réalité des choses".

Le policiers, gendarmes et magistrats sont de plus en plus régulièrement saisis suite à des écrits, images ou vidéos postés par des personnes qui se présentent comme des lanceurs d'alerte. Pour la magistrate, il convient de vérifier la véracité des faits avant de diffuser des informations.

"Il est tout à fait louable de vouloir dénoncer des situations qui ont l'apparence ou qui sont des infractions pénales, notamment les violences graves. En revanche la première des choses à faire n'est pas de diffuser sur les réseaux sociaux mais bien de faire un avis à la police ou à la gendarmerie" (Alix-Marie Caubot-Chaumeton, procureure-adjointe au parquet de Toulouse)

La procureure-adjointe au parquet de Toulouse, Alix-Marie Caubot-Chaumeton

Le parquet de Toulouse appelle donc à la prudence concernant l'utilisation des réseaux sociaux pour dénoncer des infractions pénales. En effet, le couple pourrait très bien maintenant choisir de se retourner contre l'auteure de la vidéo. Même si depuis, l'auteure a supprimé les images de sa page Facebook et de son compte Twitter. La vidéo avait été partagée plusieurs dizaines de milliers de fois.