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Faits divers – Justice DOSSIER : Histoires criminelles

VIDÉO - Histoires criminelles : l'affaire Delphine, petite fille scoute disparue

samedi 14 juillet 2018 à 3:37 - Mis à jour le samedi 14 juillet 2018 à 9:50 Par Bénédicte Courret, France Bleu Paris, France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure), France Bleu Maine et France Bleu

Le 27 août 1988, Delphine, 10 ans, disparaît d'un camp scout dans le Calvados. Son corps sera retrouvé carbonisé à quelques kilomètres de là et son meurtrier arrêté après deux ans d'enquête. Retour sur une affaire qui a marqué la Normandie dans notre série Histoires Criminelles.

L'affaire Delphine, petite fille scoute disparue il y a trente ans.
L'affaire Delphine, petite fille scoute disparue il y a trente ans. © Radio France - Charlotte Hattenberger

Villerville, France

Quand Delphine disparaît cet été 1988, il y a trente ans, on croit d’abord à une fugue. Ses parents qui vivent à Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine se précipitent en Normandie. Des recherches sont lancées à travers toute la région, les habitants sont mobilisés, un hélicoptère survole la zone, le papa de Delphine grimpe à son bord pour appeler sa fille avec un porte-voix. Mais près de deux semaines après la disparition de la petite, un promeneur découvre le corps partiellement carbonisé de Delphine en forêt de Berville-sur-Mer, dans l’Eure. Toute la région est sous le choc. 

Deux années d'enquête pour retrouver le meurtrier

Les gendarmes mettront deux ans à trouver celui qui a fait ça à la petite fille. Gérard Lebourg, 29 ans, reconnaît rapidement les faits. Il a un profil particulièrement inquiétant. Chez lui, les enquêteurs découvrent aussi des indices qui laissent penser qu'il a violé des enfants de son entourage (sa nièce de 7 ans et une cousine de 5 ans). C’est la première fois qu’on parle autant de pédophilie dans les médias français

Le début d'une triste époque

Alors que l'affaire Maëlys est toute récente, Guillaume Roulland, journaliste spécialisé dans les fait divers, repense souvent à Delphine. Il a couvert la disparition de la petite lorsqu'il était journaliste stagiaire pour "Radio France Caen" (aujourd'hui France Bleu Normandie) en 1988.

Une association "pour faire quelque chose"

Au printemps 1992, le meurtrier de Delphine, Gérard Lebourg, est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de 30 ans. Il mourra en prison, six ans plus tard. Les parents de Delphine ont fondé l’association d’aide aux parents d’enfants victimes (apev). "On ne voulait pas créer cette association pour pleurer mais pour faire quelque chose, pour s'entraider" explique aujourd'hui le papa de Delphine, Alain Boulay. Cette association rassemble plus de 250 familles dont un enfant a disparu ou a été assassiné. Grâce à l'apev, un fichier national des délinquants sexuels a été créé en 2004. C’est aussi l’apev qui édite les affiches des enfants disparus qu’on peut voir dans les gares françaises.

L'arrestation du meurtrier, un immense soulagement - Alain Thureau, ex-commandant de la section de recherche de Caen

"Cette affaire a marqué ma carrière et ma vie" confie le lieutenant-colonel Thureau aujourd'hui retraité en Sarthe mais toujours très lié aux parents de Delphine. Alors capitaine puis commandant, il a dirigé l'enquête de la section de recherches de Caen. "Quand on a arrêté le meurtrier, ça a été un immense soulagement car pendant ces deux ans, je me suis toujours demandé si ce garçon-là n'allait pas recommencer, c'était ma grande crainte... doublée de celle d'arrêter quelqu'un et de l'envoyer en prison alors que ça n'aurait pas forcément été le meurtrier." Pour Alain Thureau, l'alliance entre les enquêteurs, les magistrats et les parents de Delphine a permis d'aboutir à l'arrestation du meurtrier. 

Aujourd'hui, Alain Thureau fait partie d'un groupe d'anciens policiers et gendarmes qui mettent leur expérience à disposition de l'apev pour aider des parents à retrouver des enfants disparus. Mi-mai 2018, il a discuté avec les parents d'un garçon disparu depuis trois ans. "Jusqu'à mon dernier souffle, ça me retournera toujours quand on me parlera de ce type d'enquêtes".