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Faits divers – Justice DOSSIER : Histoires criminelles

VIDÉO - Histoires criminelles : Carole Prin, la disparue du cinéma Star à Strasbourg

samedi 4 août 2018 à 3:35 Par Rachel Noël, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu

Le 17 mai 1995, Carole Prin, caissière au cinéma Star à Strasbourg, disparaît alors qu’elle est sur le point d’accoucher. Il faudra près de quatre ans pour retrouver son corps et démasquer le coupable. Roland Moog, son compagnon, avoue l'avoir tuée dans la cave du cinéma.

Il a fallu près de 4 ans pour percer le mystère de la disparition de Carole Prin
Il a fallu près de 4 ans pour percer le mystère de la disparition de Carole Prin © Radio France - Charlotte Hattenberger

Strasbourg, France

Quand Carole Prin disparaît le 17 mai 1995 à Strasbourg, c’est un véritable mystère. La jeune femme de 37 ans, originaire de la ville, a quitté son domicile pour accoucher. Juste avant, elle a appelé son compagnon. Elle n’arrivera jamais à la clinique Sainte-Anne où elle était censée se rendre. Toutes les pistes mènent à des impasses : aucune clinique n’a enregistré de naissance, aucun retrait n’a été effectué sur son compte, aucun taxi ne l’a transportée, alors que sa voiture n’a pas bougé.

Un appel à témoin est lancé. On pense à une fugue. La brigade fluviale va jusqu'à inspecter la rivière. Sa famille fait même appel à l'émission de télévision Perdu de vue. Mais la jeune femme de 37 ans s'est comme évaporée.

Le projectionniste soupçonné

Si les pistes ne mènent à rien, les enquêteurs ont de plus en plus de soupçons à l’encontre de son compagnon, Roland Moog, le projectionniste du cinéma Star. Il y a des incohérences dans son attitude : il n’a pas dit à certains de ses proches, y compris à ses parents, que sa compagne était enceinte. Il ne leur a pas non plus parlé des deux enfants qu’il a eus lors d’une précédente union. Il a aussi une aventure secrète avec une autre collègue du cinéma. Son comportement est suspect, d’autant que les enquêteurs découvrent qu’aucun appel téléphonique n’a été passé par Carole depuis le domicile du couple, le soir où elle s'est volatilisée. Un mois après la disparition, Roland Moog est placé en garde à vue, puis relâché, faute de preuve.

L’affaire piétine. Le cinéma est perquisitionné, en vain, en juin 1997. Seuls quelques impacts de balles sont retrouvés dans la cave. Finalement, en décembre 1998, Roland Moog est mis en examen et placé en détention, mais il nie en bloc.

La découverte du corps

En mars 1999, l’affaire se dénoue. Le corps de Carole Prin est retrouvé dans une malle, dans une déchetterie à Boofzheim, à une trentaine de kilomètres au sud de Strasbourg. C’est le frère jumeau de Roland qui le découvre et prévient les enquêteurs. Un ami l’a appelé pour déplacer des affaires que Roland lui avait confiées, dont une malle. En l’ouvrant, ils découvrent horrifiés les restes de la jeune femme. Ils jettent la malle dans la déchetterie et, quelques jours après, préviennent les enquêteurs. 

Roland Moog avoue : il serait descendu dans la cave du cinéma avec Carole pour mesurer une armoire. Il l'aurait tuée par accident. Le corps, il l'a gardé caché dans la cave du cinéma durant deux ans, avant de le cacher dans cette malle qu'il a confiée à un ami.

Ce qui était impressionnant après coup, c'est de voir son aplomb et sa peine" – Olivier Vogel, journaliste à France Bleu Alsace

Olivier Vogel, journaliste à France Bleu Alsace, a couvert l'affaire Carole Prin. Il se rappelle qu’à cet instant, beaucoup ont réalisé le rôle joué depuis plus de quatre ans par le projectionniste : «Ce corps est quand même resté très longtemps sur place, au cinéma, c'est-à-dire quelques mètres au-dessus du lieu où il avait abattu sa compagne, dissimulé dans un réduit sous un escalier, y compris au moment où il a fait cette émission avec Jacques Pradel. Il paraissait réellement affecté. Il jouait très bien la comédie».

Des zones d’ombres qui persistent malgré le procès

Le procès s'ouvre en novembre 2001, mais les explications que donne Roland Moog ne répondent pas à toutes les interrogations. Il n’y a pas de traces de sang dans la cave du cinéma, et donc un doute sur le lieu du crime. Le mobile semble, lui aussi, difficile à comprendre, même si le projectionniste parle d’un accident. 

Olivier Vogel se souvient : « Sa première explication a été de dire : j'ai voulu montrer mon revolver à Carole et le coup est parti accidentellement. Puis très rapidement, avec le rapport des experts en balistique notamment, il s'est rendu compte que c'est une version qui ne tenait pas debout ».

En décembre 2001, Roland Moog est finalement condamné à 25 ans de réclusion donc 15 ans de sûreté.