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Faits divers – Justice DOSSIER : Histoires criminelles

VIDÉO – Histoires criminelles : Romain Dupuy, le double meurtre de l’hôpital psychiatrique de Pau

samedi 21 juillet 2018 à 3:32 - Mis à jour le samedi 21 juillet 2018 à 14:21 Par Oanna Favennec, France Bleu Béarn, France Bleu Gascogne, France Bleu Gironde et France Bleu

Romain Dupuy a 21 ans, quand, une nuit de décembre 2004, il se rend au Centre hospitalier des Pyrénées (CHP), égorge une infirmière et décapite une aide-soignante. Pour ce troisième épisode de notre série Histoires criminelles, retour sur une affaire qui a secoué Pau et le monde de la psychiatrie.

Romain Dupuy, le double meurtre de l'hôpital psychiatrique de Pau
Romain Dupuy, le double meurtre de l'hôpital psychiatrique de Pau © Radio France - Charlotte Hattenberger

Pau, France

"Il n’était pas lui-même. Il appartenait à sa maladie." Ces mots sont ceux d’un expert psychiatre, qui a examiné Romain Dupuy. Ce jeune homme, atteint de schizophrénie paranoïde, ne prend plus de traitement depuis plusieurs mois au moment des faits. Dans la nuit du  17 au 18 décembre 2004, il entre par effraction dans le pavillon de gériatrie de l’hôpital psychiatrique de Pau et, à l’aide d’un couteau de cuisine, tue et mutile deux employées, Chantal Klimaszewski, infirmière et Lucette Gariod, aide-soignante.

Daniel Corsand, journaliste à France Bleu Béarn spécialisé dans les faits-divers, raconte l’effroi qui s’est emparé de la ville béarnaise à ce moment-là. Très vite, des moyens énormes sont déployés pour retrouver l’auteur de ce double meurtre qui a laissé de nombreux indices sur les lieux : une empreinte de pas, du sang… Commence alors une opération de collecte et d'analyse d'ADN de grande ampleur. Plus d’un millier de personnes sont testées en un peu plus d’un mois. Une quarantaine d’hommes sont placés en garde à vue.

Arrêté par hasard

Mais c’est totalement par hasard que Romain Dupuy est arrêté, alors qu’il fume un joint sur le bord d’un muret, devant chez lui. Il a déjà fait trois séjours au CHP de Pau et ses semelles de chaussures ressemblent étrangement aux empreintes trouvées sur les lieux. L'homme est fasciné par les armes blanches, et reconnait les faits. Très rapidement, il est transféré à Cadillac, en Gironde, au sein de l’Unité pour malades difficiles. Quand les résultats de son test ADN reviennent de Toulouse, cela ne fait plus aucun doute : c’est lui le responsable.

Mais peut-il être jugé ? Les familles des victimes veulent un procès. En août 2007, elles rencontrent même le président de la République Nicolas Sarkozy, qui s’émeut de la situation devant les caméras. Une ordonnance de non-lieu est pourtant rendue. Les familles font appel, et le procès de cette décision s’ouvre durant trois jours à Pau, durant lequel Romain Dupuy s’expliquera, à sa manière, sur les faits. L’ordonnance de non-lieu est confirmée en décembre. Aux dernières nouvelles, Romain Dupuy était toujours enfermé dans l’UMD de Cadillac, en Gironde.

Un plan santé mentale et une loi

A la suite de cette affaire, qui a mis en lumière le manque de moyen dans la psychiatrie, le ministre de la Santé de l'époque, Philippe Douste-Blazy, a accéléré la présentation de son "plan santé mentale", qui prévoyait, entre autres, un milliard d'euros d'investissement dans la psychiatrie sur cinq ans, dont 750 millions pour les hopitaux psychiatriques. 

Côté judiciaire, l'affaire a également donné naissance à une loi, la Loi du 25 février 2008 relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental. Dorénavant, pour déterminer si quelqu'un qui a commis un crime doit être jugé, il y a forcément une audience, qui peut être publique, à la demande des victimes. L'irresponsabilité pénale ne peut être prononcée qu'à la suite de ces échanges.