Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice DOSSIER : Nordahl Lelandais

CHRONOLOGIE - Maëlys : retour sur l'affaire, un an après la disparition de la fillette

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Besançon, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie, France Bleu

Un an après la disparition de Maëlys de Araujo en Isère, dans la nuit du 26 au 27 août 2017, ses parents organisent une marche blanche en mémoire de la fillette. Francebleu.fr revient sur les moments marquants de l'affaire, ces derniers mois.

Une photo de Maëlys au Pont-de-Beauvoisin en Isère, en février 2018, après les aveux de Nordahl Lelandais.
Une photo de Maëlys au Pont-de-Beauvoisin en Isère, en février 2018, après les aveux de Nordahl Lelandais. © Maxppp -

C'est un dimanche de fin de vacances, un lendemain de mariage. Le 27 août 2017, le visage d'une petite fille de neuf ans apparaît sur les écrans des téléphones portables, de télévision, dans la presse et sur internet. Maëlys a disparu, ses parents ne l'ont pas vu depuis le milieu de la nuit, alors qu'ils fêtaient l'union d'un proche, une soirée organisée dans la salle des fêtes du Pont-de-Beauvoisin en Isère. 

La disparition et les recherches

Les gendarmes sont prévenus dans la nuit, au bout d'une heure de recherches en vain, et le signalement de la fillette est lancé dans la journée de dimanche. Maëlys mesure 1,30 mètres, elle a la peau mate, les yeux marrons et les cheveux châtains, elle porte une robe blanche sans manches. Rapidement, les enquêteurs écartent la piste de la fugue. Les chiens de la brigade cynophile perdent la trace de l'enfant, "comme si elle s'était volatilisée". L'inquiétude devient palpable, où a bien pu passer Maëlys ?  

L'appel à témoins lancé par la Gendarmerie. - Aucun(e)
L'appel à témoins lancé par la Gendarmerie. -

Première garde à vue de Lelandais

Le jeudi 31 août, un homme de 34 ans est placé en garde à vue. Premiers soupçons. Il s'appelle Nordahl Lelandais, habite Domessin en Savoie, tout près du Pont-de-Beauvoisin, dans la maison de ses parents. Il fait partie des personnes entendues par les gendarmes mais n'était pas sur la liste officielle des convives du mariage

Un ami de Lelandais est à son tour placé en garde à vue le lendemain. Les gendarmes vérifient les déclarations, les comparent. Mais déjà, les premiers éléments troublants apparaissent. Nordahl Lelandais a été vu entrain de discuter avec Maëlys pendant la soirée, il s'est absenté à plusieurs reprises, il a nettoyé sa voiture le dimanche matin "parce qu'il devait la vendre", expliquera son avocat de l'époque. Une semaine plus tard, les deux hommes sont libérés et, parallèlement, 500 personnes participent à une battue citoyenne, encadrée par les gendarmes. Plusieurs de ce type auront lieu tout au long du mois de septembre.  

Mis en examen, éléments troublants

Avec en leur possession de premiers éléments matériels tirés des analyses de police scientifique, les juges d'instruction demandent une nouvelle interpellation de Nordahl Lelandais. Des traces de l'ADN de Maëlys ont été trouvées sur le tableau de bord de sa voiture, une Audi A3, de Lelandais. Face à ces éléments factuels présentés par les enquêteurs, il déclare que "la fillette était entrée dans sa voiture avec un petit garçon" pour voir son chien qui était dans le coffre. 

Peu à peu, on découvre le profil de cet homme de 34 ans, qui habite chez ses parents, ancien militaire, ancien maître chien. Plusieurs éléments troublent les gendarmes comme ces absences durant la soirée, ce short qu'il a changé puis jeté - tâché par du vin, dit-il -, des égratignures aux bras et au genoux et le lavage de sa voiture, "parce qu'il doit la vendre", justifie son avocat. Plus tard, les enquêteurs découvriront aussi un second téléphone dont Lelandais ne leur avait jamais parlé. 

Pendant ce temps, les investigations continuent dans le secteur escarpé des gorges de Chailles, proche du lieu de la disparition ; des équipes spécialisées sondent les plans d'eau du secteur comme le lac d'Aiguebelette en Savoie.  

"Qu'il dise ce qu'il sait" réclament les parents

Menacé de mort par ses co-détenus de la maison d'arrêt de Varces près de Grenoble, Nordahl Lelandais est transféré dans une autre prison, à Saint-Quentin-Fallavier. Fin septembre, les parents de Maëlys, Jennifer Clayet-Marrel et Joachim de Araujo, s'expriment pour la première fois publiquement et demandent au principal suspect, face aux caméras, de "révéler ce qu'il sait". 

L'affaire suscite un emballement médiatique sans précédent, les fuites dans la presse sont nombreuses. Le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat décide d'ouvrir, fin octobre, une enquête pour violation du secret de l'instruction

Début novembre, les proches de la famille de Maëlys se réunissent en Isère pour fêter les 9 ans de la petite fille. Lâcher de ballons et moment émouvant en présence des parents de Maëlys. Une autre marche blanche aura lieu pendant l'hiver, réunissant devant la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin près de 600 personnes sous une pluie battante. 

Chronologie détaillée

Le 30 novembre, alors que la chambre d'instruction vient d'annuler les premiers interrogatoires de Nordahl Lelandais parce qu'ils n'avaient pas été filmé (une obligation en matière criminelle), le procureur de la République de Grenoble révèle plusieurs éléments importants de l'enquête. Jean-Yves Coquillat confirme qu'une caméra de vidéo-surveillance du Pont-de-Beauvoisin a enregistré une forme blanche dans la voiture du suspect sur un trajet aller-retour. Il détaille d'ailleurs la chronologie de la soirée, faite de plusieurs allers retours selon le bornage du téléphone de Nordahl Lelandais. Un portable que le suspect passe en mode avion à plusieurs reprises. Ce dernier nie toujours toute implication mais il est mis en examen pour meurtre au terme de huit heures d'audition. 

Arthur Noyer, la deuxième affaire

Alors qu'il est déjà suspecté du meurtre de Maëlys, Nordahl Lelandais est également inquiété dans l'affaire de la disparition à Chambéry, en avril 2017, d'un jeune caporal de 23 ans, Arthur Noyer. Après la découverte du crâne du jeune homme, Nordahl Lelandais est mis en examen pour assassinat dans cet autre dossier. "Après l’affaire Maëlys un lien pouvait être fait avec le véhicule Audi utilisé par Lelandais. Ce qui permettait alors d’effectuer des vérifications précises sur la téléphonie. Ainsi, les deux téléphones de Nordahl Lelandais avait déclenché les mêmes relais que celui d'Arthur Noyer", expliquait alors le procureur de Chambéry. Il est longuement entendu en février. 

Début mars 2018, Lelandais reconnaîtra avoir pris Arthur Noyer en stop, puis l'avoir tué. Il est conduit sur les lieux de la découverte du crâne du jeune militaire en septembre 2017. 

Face aux preuves, les aveux

C'est au milieu de l'hiver que l'enquête avancent d'un coup. Une microscopique trace de sang est retrouvée dans le coffre de l'Audi A3 de Nordahl Lelandais, décortiquée depuis plusieurs semaines par les experts de l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise. 

Face à cette preuve accablante, Nordahl Lelandais avoue avoir enlevé l'enfant et l'avoir tuée "involontairement", mais refuse de s'expliquer sur les circonstances de la mort de la petite fille. Il a admis s'être débarrassé du corps. Il conduit les enquêteurs vers le lieu où il s'est débarrassé du corps. Le 15 février, la "quasi-totalité" des restes de Maëlys ont été retrouvés près de Saint-Franc (Savoie). 

Sur Facebook, Jennifer Cleyet-Marrel la mère de Maëlys exprime sa colère en s'adressant à Nordahl Lelandais : "Maëlys va te hanter nuits et jours dans ta prison jusqu'à ce que tu crèves et que tu ailles en enfer."

  - Aucun(e)
-

Le choc est total. À Domessin, chez les voisins des Lelandais. Mais aussi à Pont-de-Beauvoisin ou Mignovillard, dans le Jura, là où la petite fille était scolarisée. Les parents de Maëlys s'expriment une seconde fois début mars pour dénoncer leur "prise en otage" organisée par Nordahl Lelandais. Le mis en cause n'a toujours pas donné d'explications sur les circonstances du décès de la fille du couple. 

Les obsèques enfin organisées

Le 2 juin, plus de sept mois après la disparition de la fillette, des obsèques publiques sont enfin organisées à La Tour-du-Pin en Isère. Une cérémonie poignante : "Neuf mois que nos vies sont brisées", déclare en larmes Jennifer Cleyet-Marrel, la mère de Maëlys, au début de la célébration. "J'ai partagé neuf ans de bonheur à tes côtés. Ton absence laisse un grand vide en moi. Maëlys, je ne souffre plus maintenant : quand je regarde le ciel, je sais qu'une étoile veille sur nous", dit-elle. "Il reste les beaux souvenirs. Il y a toujours ta place à la table familiale", ajoute son père, Joachim. 

Et maintenant ?

Un an après, les parents de Maëlys organisent une marche blanche au Pont-de-Beauvoisin, en souvenir de leur fille. Une nouvelle fois, la mère de la fillette a lancé un appel sur Facebook pour un rassemblement lundi 27 août à 15 heures sur le parking du lycée de Pont. "Vous pouvez apporter des ballons gonflés à l'hélium, les nôtres seront blancs. Merci pour votre soutien pour Maëlys" écrit-elle. 

Nordahl Lelandais est mis en examen dans trois affaires, le meurtre de Maëlys, l'assassinat du caporal Arthur Noyer et l'agression sexuelle d'une cousine mineure, peu avant la disparition de Maëlys. Les instructions sont toujours en cours, Nordahl Lelandais est toujours incarcéré, de retour au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier après un séjour à l'unité hospitalière du Vinatier à Bron, dépendant de la prison de Lyon-Corbas.