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Faits divers – Justice

VIDÉO – Meurtre de Patricia Bouchon : huit années de questions à Bouloc

mardi 12 mars 2019 à 17:31 - Mis à jour le jeudi 14 mars 2019 à 7:22 Par Oanna Favennec, France Bleu Occitanie et France Bleu

Alors que le procès du suspect numéro 1 du meurtre de Patricia Bouchon débute ce jeudi, France Bleu Occitanie revient grâce à des sons et des images d’archives sur un drame qui a profondément marqué Bouloc et la Haute-Garonne.

Bouloc, France

Le 14 février 2011, un peu avant 5h du matin, Patricia Bouchon, 49 ans, part de chez elle. Cette secrétaire dans un cabinet d'avocat a l’habitude de faire son jogging au petit matin, à Bouloc (Haute-Garonne). Mais à 6h, quand son mari ne la voit pas rentrer, il s’inquiète. Quelque chose n’est pas normal, elle court habituellement 35 minutes, pas plus et elle est partie sans son téléphone, sans argent… L’homme prévient immédiatement les pompiers, et les forces de l’ordre.

Un avis de recherche est rapidement placardé dans les commerces des environs. Des dizaines de gendarmes sont mobilisés. Et puis, on retrouve du sang, sur un petit chemin. C’est celui de Patricia Bouchon. Dès lors, l’enquête change de direction : les forces de l’ordre commencent à draguer les rivières et les points d’eau. On recherche désormais un corps.

Un corps retrouvé à une dizaine de kilomètres

Le 29 mars, soit 44 jours après sa disparition, un chasseur retrouve un cadavre à Villematier sous une buze d’eaux pluviales. C’est à une dizaine de kilomètres de Bouloc. La mère de famille est rapidement identifiée, grâce, notamment à son alliance, gravée. L’autopsie dira ensuite qu’elle a été frappée violemment. Elle porte des marques de strangulation. Elle a un gant enfoncé dans la bouche, sur lequel on retrouve des traces d’ADN masculin.

Les auditions se poursuivent, plusieurs suspects sont arrêtés. Un témoin parle d’un homme, dans une Clio de couleur claire, aperçue non loin des lieux du drame. Son portrait-robot est dressé. En 2013, soit 32 mois après le drame, le signalement est diffusé : le portrait d’un homme mal rasé, portant un bonnet. 

Un homme arrêté en 2015

En 2014, un homme est placé deux fois en garde à vue : Laurent Dejean. Il s’agit d’un trentenaire, qui habite Bouloc. Ancien plaquiste, il est décrit comme psychotique, se promenant parfois avec une bible à la main dans les rues, abusant d’alcool et de stupéfiants. Plusieurs personnes, dont son ex-compagne assurent qu’il a possédé une Clio blanche. Lui s’en défend, d’abord.

En février 2015, il est arrêté, puis mis en examen. Depuis, il nie toute implication dans la mort de Patricia Bouchon, et ses avocats ont demandé plusieurs fois à ce qu’il sorte de prison. En novembre 2017, la chambre de l’instruction de Toulouse refuse sa libération. En janvier 2018, coup de théâtre : le parquet général requiert un non-lieu devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel. Les éléments probants sont minces, trop minces pour un procès, estime-t-il.

Un dossier "vide" selon son avocat

L’ADN retrouvé sur la victime n’est pas celui de Laurent Dejean. Certes il a possédé une Clio de couleur claire mais les enquêteurs n’ont pas pu mettre la main dessus. Il y a aussi des éléments qui penchent en faveur de sa culpabilité : le chauffeur-livreur qui avait dressé le portrait-robot dit lors d’une reconstitution l’avoir reconnu. Ses déclarations face aux enquêteurs sont également confuses : "J’ai fait mon deuil de Patricia Bouchon", leur a-t-il par exemple confié. Il aurait également dit à son employeur se sentir responsable du décès de la joggeuse.

Le 15 février 2018, Laurent Dejean est renvoyé devant la Cour d’Assise pour homicide volontaire. Son procès, qui s’ouvre ce jeudi, permettra peut-être de répondre aux nombreuses questions restées en suspens dans cette affaire.