Faits divers – Justice

VIDEO : Nicolas Sarkozy dénonce une "instrumentalisation de la justice"

Par Marina Cabiten, France Bleu mercredi 2 juillet 2014 à 19:14 Mis à jour le mercredi 2 juillet 2014 à 21:11

Nicolas Sarkozy face aux journalistes, pour s'exprimer suite à sa mise en examen
Nicolas Sarkozy face aux journalistes, pour s'exprimer suite à sa mise en examen © Twitter - Fabien Namias

Nicolas Sarkozy s'est exprimé mercredi sur TF1 et Europe 1, suite à sa mise en examen pour corruption active, trafic d'influence actif et recel de violation du secret professionnel. L'ancien président de la République affirme ne rien avoir à se reprocher, et se dit "profondément choqué".

*"La situation était suffisamment grav e pour que je dise aux Français ce qu'il en était de l'instrumentalisation politique d'une partie de la justice aujourd'hui." * Voici les premiers mots de Nicolas Sarkozy mercredi dans son interview accordée à deux journalistes d'Europe 1 et de TF1. L'ancien président de la République a voulu s'exprimer quelques heures à peine après sa mise en examen pour corruption active, trafic d'influence actif et recel de violation du secret professionnel dans l'affaire dite des écoutes. 

"Je suis profondément choqué"

"Dans notre pays, pays des Droits de l'homme, les Français doivent juger de la réalité." Nicolas Sarkozy dénonce dès le début de cet entretien l'attitude des magistrats.

"Tout est fait pour donner une image de moi qui n'est pas conforme à la réalité"

Sans préciser à quoi il fait allusion, Nicolas Sarkozy affirme qu'"il y a des choses qui sont en train d'être organisées" . L'ancien chef de l'Etat évoque aussi sa garde à vue : "La nuit dernière qui me fut réservée m'a convaincu de m'exprimer ici et maintenant. Je suis profondément choqué de ce qui s'est passé" . D'abord placé en garde à vue pendant une quinzaine d'heures, il dénonce les conditions dans lesquelles il a été entendu, dans le cadre de cette affaire des écoutes. "Il y a eu une volonté de m'humilier en me convoquant sous le régime de la garde à vue".

Nicolas Sarkozy affirme ne demander "aucun privilège" et déclare : "Et si j'ai commis des fautes, j'en assumerai les conséquences. Je ne suis pas un homme qui fuit ses responsabilités" .

Des accusations "grotesques"

Dans ce dossier des écoutes, Nicolas Sarkozy reconnaît que son avocat Thierry Herzog lui a demandé s'il pouvait effectuer une démarche en faveur de la mutation du haut magistrat Gilbert Azibert à Monaco. Mais il assure avoir refusé. "Il existe une écoute qui n'a pas fuité dans la presse où je dis à Thierry Herzog non, je ne ferai pas cette intervention" , assure-t-il, avant de s'interroger : "Où est le trafic d'influence ? Où est la corruption ?" . "Je n'ai rien à me reprocher, rien !" affirme-t-il, "ces chefs d'accusation sont grotesques" . S'agissant de sa mise sur écoute, l'ancien président de la République demande : **"Est-il normal que je sois écouté dans les conversations les plus intimes ?". **

L'exécutif montré du doigt

L'ancien président ne vise pas seulement les magistrats dans sa contre-attaque, mais également le pouvoir en place. La ministre de la Justice Christiane Taubira a menti , dit-il, en assurant n'avoir pas eu connaissance des écoutes qui pesaient sur lui. Concernant le Premier ministre Manuel Valls qui évoqué mercredi matin "des faits graves" , Nicolas Sarkozy répond : "Mais qu'en sait-il ?"

Bygmalion, la présidence de l'UMP : les autres sujets chauds

Cet entretien s'est terminé en abordant deux autres sujets d'actualité qui concernent directement Nicolas Sarkozy. D'abord, une autre affaire judiciaire, Bygmalion. Une enquête sur des fausses factures de campagne qui auraient permis à l'UMP de dépasser le plafond de dépenses autorisé au cours d'une campagne présidentielle, illégalement. "Il n'y a jamais eu le moindre système de double facturation" affirme l'ancien candidat de 2012, après avoir déclaré : "J'ai eu le même nombre de meetings que M. Hollande, et à lui on ne lui pose aucune question" .

Enfin, sur un éventuel retour en politique, l'intéressé laisse la porte grande ouverte à une candidature à la présidence de l'UMP, au prochain congrès cet automne : Nicolas Sarkozy décidera "fin août, début septembre" s'il est candidat.

VIDEO : l'interview de Nicolas Sarkozy en intégralité