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Villepinte : un détenu ne peut assister aux obsèques de sa mère par manque d'effectifs

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris Région et France Bleu lundi 4 janvier 2016 à 11:52

La maison d'arrêt de Villepinte
La maison d'arrêt de Villepinte © Maxppp

Le juge d'instruction avait pourtant donné son aval. Mais faute d'effectifs suffisants, un détenu de la maison d'arrêt de Villepinte, en détention provisoire depuis deux ans, s'est vu refuser la permission d'assister aux obsèques de sa propre mère qui ont lieu ce lundi, en début d'après-midi.

Jusqu'au bout, ils ont cru à une issue positive. En vain. A la prison d'arrêt de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, Aytac s'est vu refuser la permission de se rendre à l'enterrement de sa propre mère ce lundi après-midi. En détention provisoire depuis deux ans pour trafic de stupéfiants, il avait pourtant obtenu l'autorisation du juge d'instruction. Mais ce qui manque, ce sont les effectifs policiers pour l'escorter jusqu'à Dreux. L'association Robin des Lois demande l'ouverture d'une enquête interne.

"Ils n'ont pas deux agents qui peuvent l'accompagner juste quelques heures. Ce n'est pas humain"

Sa femme s'est pourtant battue tout le week-end pour trouver une solution. Au point de ne plus en dormir, de ne plus manger. "Tout le monde nous dit que la juge est d'accord, le service pénitencier est d'accord mais ils n'ont pas deux agents qui puissent l'accompagner au cimetière, juste quelques heures" confie-t-elle à bout au micro de France Bleu 107.1. "Mon mari n'a tué personne, il n'a violé personne, ce n'est pas un terroriste. Ce n'est pas humain qu'une personne ne puisse pas assister aux obsèques de sa mère. Déjà la prison atteint beaucoup une personne. Ne pas assister aux obsèques de sa mère, c'est encore pire". Et c'est donc seule, accompagnée de son beau-frère que Sonia assistera à l'enterrement, ce lundi après-midi, à Dreux.

Sonia, la femme du détenu, réagit au micro de FB 107.1

Raison officielle du refus de sortie : le manque de moyens. Les trois brigades susceptibles de servir d'escorte ont en fait refusé de fournir les deux agents demandé pour éviter toute évasion, explique l'avocat du détenu, Maître Thibaut Rouffiac. "C'est comme si un juge condamnait quelqu'un à de la prison et que cette personne n'était pas mise en prison parce que les services de police, de gendarmerie ou de la pénitentiaire disait non, non, moi je ne vais pas le chercher ou non, non, moi je ne lui ouvre pas les portes de la prison. Ca, cela choquerait tout le monde!  Sauf que dans ce sens-là, cela n'arrive jamais."

Un refus intolérable pour Maître Rouffias, l'avocat du détenu, au micro FB 107.1

L'affaire est remontée jusqu'au cabinet de la Garde des Sceaux, Christiane Taubira. Sans succès. L'association Robin des Lois réclame aujourd'hui l'ouverture d'une enquête interne.

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